Le bus rouge de Johannesburg

Arrivés à Johannesburg, Léo et moi nous sentions un peu perdus, ne sachant trop où aller ni quoi voir. Malgré les suggestions du Lonely Planet, nous n’étions pas très rassurés à l’idée de sortir dans la rue. Nous logeons dans le centre ville, qui fut une zone désertée vers la fin de l’Apartheid, laissant encore aujourd’hui des buildings entiers complètement abandonnés. Cela reprend vie tout doucement mais on sent toujours une méfiance à revenir habiter dans le coin. Nous logeons chez Benjamin, mon oncle, et il nous avait mis en garde de faire bien attention quand on se baladait dans la rue et de ne pas trop s’éloigner de son immeuble si nous partions à pieds. Tout ça ne nous donnait pas très envie de bouger. Du coup, on s’est dit qu’on allait faire le tour de cette grande ville pour la connaître un peu mieux que par des « on dit » et pour être guidés aux bons endroits, nous l’avons fait par le biais du Bus Rouge, présent dans beaucoup de villes du monde entier.

Le nom de la compagnie est CitySightSeeing – Joburg. Nous avons pris le bus dans la matinée, à un arrêt proche du centre ville (et donc faisable à pieds, conformément aux consignes de tonton ! ). Le ticket coûte 200 ZAR, acheté à bord et 180 ZAR si réservé en ligne. Nous l’avons acheté sur place directement. Il offre également des réductions sur des musées tels que le Musée de l’Apartheid ou SAB World of Beer (un musée de la bière Castle, dans Newtown).

 

 

Valable toute la journée, le ticket permet de faire deux tours différents (le City Tour et le Green Tour) et de descendre et remonter aux arrêts autant que l’on veut (Hop-on / Hop-off). Un tour complet prend environ deux heures et il y a des bus toutes les trente minutes. Nous avons commencé par le City Tour et sommes descendus à Constitution Hill (arrêt commun entre les deux tours). Nous sommes ensuite monté dans le bus qui partait pour le Green Tour. Ce tour compte cinq arrêts et dure à peu près 45 minutes. Il vous emmène dans la banlieue nord de Johannesburg, à Rosebank, qui est la banlieue riche de la ville. A travers ce tour on découvre pourquoi Joburg a la réputation d’être une ville verte, car en effet elle est composée de la plus grande forêt artificielle au monde. On apprend aussi que Johannesburg s’est construite autour de la ruée vers l’or au 19ème siècle. Cette forêt artificielle a été conçue pour fortifier les galeries des mines d’or. En apprenant les origines de Johannesburg, on comprend mieux pourquoi on a une ville, aux premiers abords, pas très jolie et moins touristique que Cape Town par exemple. En réalité ils l’ont construite en pensant qu’elle deviendrait une ville fantôme après l’exploitation des mines d’or mais ils étaient loin de s’imaginer que cette ville finalement prospérerait et deviendrait le poumon économique d’Afrique du Sud.

 

De retour à Constitution Hill, nous avons repris le City Tour pour le faire en entier. Ce tour propose huit arrêts à travers le Centre ville et les banlieues sud de Joburg, qui sont les quartiers plus pauvres. Nous sommes descendus deux fois durant ce tour, au Musée des Transports et au musée de l’Apartheid. Le musée des transports est gratuit et se fait rapidement (nous avons fait le tour en trente minutes pour pouvoir prendre le bus suivant). Il montre plusieurs moyens de transport allant de la calèche au vélo en passant par les bus et tram du 19/20ème. Les véhicules étaient garés en bazar et on pouvait déambuler entre. On n’apprend pas grand-chose mais on voit des véhicules d’époque et des vieux tramways de Cape Town, c’est sympa. Concernant le musée de l’Apartheid, nous avons fait un article qui lui est consacré et je vous invite à aller le lire, ici.

C’est impressionnant les écarts et différences que l’on peut constater en une journée. On passe d’un quartier pauvre et sale, au centre-ville et à Hillbrow, à des quartiers résidentiels avec des maisons immenses, sur-sécurisées et bien entretenues. D’une rue à l’autre, cette différence peut se remarquer aussi parfois, c’est hallucinant !

Ce tour en bus était intéressant à faire pour avoir une vision d’ensemble de la ville, mais il faut prendre un peu de recul sur ce qui nous est raconté dans les audio-guides (disponibles en 16 langues, dont le français) tout de même. J’ai trouvé que par moment, le discours des audio-guides était un peu trop enjolivé ou édulcoré et n’allait pas toujours avec le paysage que l’on voyait réellement. Un genre d’American Dream à la Joburg, mais il reste un peu de boulot pour que tous les habitants aient les mêmes opportunités.

3 réflexions au sujet de « Le bus rouge de Johannesburg »

Laisser un commentaire