Cambodge, bienvenue aux arnaques, ou pas

(Armelle) Ça y est, le moment est venu de quitter la Thaïlande et de se rendre au Cambodge. C’est donc le moment d’affronter le passage aux frontières. Tapez sur Google, « passage frontières terrestre Thailande Cambodge », le résultat est sympathique : mise en garde contre les arnaques, attention aux douaniers et policiers qui demandent des backshish, les tuk-tuk et taxis qui font mine de vouloir vous aider, et de s’occuper de votre visa, les faux postes de frontières, et j’en passe. Bref, j’appréhendais ce jour depuis notre arrivée en Thailande ; mais je me suis préparée !

Nous prenons le train de 5h55 à la gare Hua Lamphong à Bangkok pour nous rendre à la frontière. Nous arrivons à la gare de Bangkok à 5h pour prendre note billet 3ème classe, s’il vous plait, direction Aranyaprathet, la gare la plus proche du Cambodge. Nous payons 48 THB (1,2€) pour nos 5h30 de train, tchou tchou. Le confort est sommaire : une banquette dur et 3 ventilateurs par wagon. Nous notons néanmoins un service à bord d’une grande qualité. En effet, de nombreux vendeurs ambulants nous accompagnent durant le voyage et nous proposent différents mets pour un prix attractif, équivalent aux vendeurs que l’ont peut trouver dans la rue : fruits, viandes grillées, boissons, mais aussi insectes (un peu gluants mais appétissants) et poisson (« Comment ça il est pô frais mon poisson ! »).

Nous somnolons pendant quelques temps et nous voilà arrivés. J’en profite pour faire la connaissance de 2 Allemandes avec lesquelles nous allons partager les transports, pour repartir la somme. Nous prenons un bus collectif tous ensemble, nous évitant ainsi la horde de tuktuk attendant les touristes à la sortie du train. Première étape, faire tamponner notre passeport pour sortir du territoire thaïlandais. Opération effectuée avec succès ! Nous voilà près à nous engouffrer dans le no man’s land Cambodgien. C’est une longue route en terre battue, où l’on peut trouver nombre de casinos chinois, beaucoup de camions de marchandises, et plusieurs indications « Venez faire votre visa ici les copains !). Lequel choisir ? Nous arrivons devant un espèce de conteneur avec un panneau Arrival. Les Allemandes veulent tenter de faire leur visa ici. Il se trouve qu’en fait, c’est l’endroit où l’on fait tamponner son visa pour entrer sur le territoire. Ah celui là il est pour nous ! En effet, nous avions déjà fait notre visa en avance, comme ça, pas de pot de vin à payer à la frontière. Les Allemandes doivent rebrousser chemin et aller dans un autre conteneur, où il paraît, on fait des visas. J’avais vu sur internet qu’il n’y avait qu’un seul bâtiment qui fait les visas mais on ne l’a pas trouvé. Les Allemandes donnent leurs passeports et attendent. Ce petit jeu peut durer plusieurs heures, dépendant de l’humeur du douanier. En les attendant, on trouve un taxi (enfin, il nous trouve). Il a bien repéré que nous étions quatre, dont deux en attente de visa. Le taxi est près à nous amener à l’hotel de Siem Reap pour 12 dollars chacun, et avec nos conditions, sans même qu’on ait à les dire (la condition, on ne paye pas tant qu’on est pas arrivé). C’est bizarre, il le savait ? On fait descendre le prix, trop facilement, à 10$, ce qui correspond à ce qu’on pense être juste pour un tel trajet (200km environ). La personne avec laquelle nous avions négocié nous amène à son « collègue » qui ne parle pas anglais. Bizarrement, une fois le trajet négocié et accepté, les Allemandes récupère leur visa, ça aura été rapide ! Coïncidence ? Je ne pense pas.

On embarque nos Allemandes, et c’est parti pour un trajet où le code de la route est approximatif. Les voitures roulent à gauche, claxonnent en permanence pour dire aux motos de se pousser, font des appels des phares. Bref, on ne s’ennuie pas !

Et voici que nous arrivons à Siem Reap, le taxi nous amène à l’entrée de la ville devant des tuktuk nous attendant. On s’y attendait, c’est le coup classique des taxi et des tuk-tuk (merci internet !). Le conducteur de tuktuk vient nous parler avec un anglais parfait : « votre chauffeur ne connait pas l’adresse de votre hôtel, venez avec moi, je vous amène ». Heu, le chauffeur ne nous a pas demandé l’adresse et les nombreux coups de téléphone nerveux qu’il a passé, nous laisse penser qu’il se fait exploiter également.

Léo explique dans son anglais le plus parfait que si on prend le tuktuk, on ne paye pas le taxi car le deal n’a pas été rempli. Le tuktuk insiste en disant qu’il ne peut pas nous amener. On lui montre la carte (sur le téléphone, vive Maps.me) et lui dit que tout le monde connait le Night Market et qu’on se débrouillera. Il fait la tête mais nous laisse repartir. Notre chauffeur avait l’air content que nous ayons envoyé bouler les tuktuks et nous fait comprendre que la carte est vraiment très bien. Il nous amène jusqu’au Night Market et empoche ses 40$.

Ce passage aux frontières s’est passé un peu trop facilement, comparé à ce que nous avions lu. Pour sûr, on peut en conclure que les douaniers, les taxis et les tuk-tuk sont de mèche. Je pense que les Allemandes n’ont pas eu trop d’embrouilles parce qu’elles étaient avec nous, qui avions déjà fait nos visas. Le taxi était donc prêt et c’est donc pour ça que les douaniers ont fait si vite. Ah lala, Cambodge, que nous réserves-tu comme autre surprise ?


(Léo) J’aimerais aborder avec vous notre deuxième mésaventure avec les transports. En partant de Siem Reap, nous prenons une compagnie locale qui coûte quatre fois moins chère que le transport conseillé par tous les guides (Giant Ibis). Nous la prenons car le bus Giant Ibis était complet mais on prend un voyage diurne pour éviter la somnolence de notre chauffeur. Notre bus propose un ramassage à notre hôtel, entre 6h40 et 7h15. Bien entendu nous attendons dehors jusqu’à 7h30 et les avons harcelés au téléphone pour pas qu’ils nous oublient. On arrive dans notre bus au confort bien sommaire, mais pour ce prix c’est plutôt correcte (15 dollars / pers.). On roule pendant 7h pour atteindre la capitale Phnom Penh à seulement 300km. Le bus s’arrête devant chaque clampin qui attend sur le bord de route pour lui proposer une place. Le bus étant complet, le chauffeur installe des petits tabourets en plastique dans l’allée centrale, ça passe !

Une fois arrivés à Phnom Penh, on nous annonce qu’on doit changer de bus et attendre 1h30, ça on ne nous l’avait pas dit, m’enfin… Le deuxième bus arrive finalement et on embarque dans les mêmes conditions. Sauf que 16h30 pour quitter la capitale du pays, ce n’est pas vraiment la meilleure heure. Nous restons 2h dans les bouchons à base de motos et d’absence de feux rouges. Nous arrivons enfin vers 23h à Sihanoukville, dans le sud du pays (à seulement 230 km !). Nous devions y arriver vers 19h30 normalement… On n’en peut plus !

Le chauffeur s’arrête au milieu de nulle part et annonce Sihanoukville. Ils fait descendre tous les touristes, vident la soute de nos sacs sans même attendre. On demande confirmation, oui oui qu’il nous dit, on est septique. Mais comme ils nous met dehors avec nos sacs, on est un peu piègé, le bus repart très vite en nous laissant dans la confusion. Et vous voyez le truc venir non ? Cela s’appelle un tuktuk !

Les compagnies de bus sont de mèche avec les tuktuks pour déposer les touristes au milieu de nulle part, sans moyen de locomotion et les obliger à se faire voler par les tuktuks. On prend un tuktuk à 4, déjà le chauffeur tique car ses collègues ne peuvent pas toucher leur part. Il nous demande 8$/personne à 6$/personne soit 28$ pour faire 5km (en temps normal il faut compter 3$ la course). À force de négociation, de la part d’un expat’ anglais qui était en vacances on arrive à partir pour 2,5$/personne, ce qui est déjà trop cher (et l’expat s’est sacrifié en payant 5$). Enfin on arrive à notre hostel à 18 dollars la nuit (ça pique un peu). Elle commence bien notre expédition dans le sud du pays…


Notre arrivée au Cambodge nous laisse mi-figue mi-raisin car nous étions en pleine période du nouvel chinois (c’est leurs grandes vacances à eux). On a donc énormément de chinois venus faire du tourisme et tous les hôtels sont complets. Il reste bien quelques chambres mais pour 50$ à Sihanoukville… Impossible donc de se loger au tarif normal de 5$.

Entre les arnaques, la guerre des négociations avec les tuktuks et les difficultés pour se loger, on s’est dit qu’aller faire du bénévolat dans une ferme de poivre au milieu de nulle part était une bonne idée ! Nous voici donc à Kep dans la Sothy’s Pepper Farm !

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