Le verdoyant delta du Mékong

Au revoir Cambodge ; Viet Nam, here we are ! Pour nous rendre dans notre nouveau pays, il nous faut d’abord prendre notre bus depuis Kampot et traverser la frontière. Le trajet doit nous amener à Vinh Long en « seulement » 7h pour 300km environ avec le passage de frontière en prime, le tout pour 13$ chacun. Banco c’est parti ! Nous sommes embarqués dans un minivan, complet, pour rejoindre la frontière à Ha Tien. Une fois arrivés à ce magnifique poste, nous confions avec méfiance nos passeports à notre chauffeur qui va s’occuper de faire le nécessaire pour la sortie du Cambodge. Une fois notre précieux tampon appliqué au papier délicat de notre sésame transfrontalier, nous cheminons vers le côté Vietnamien quelques dizaines de mètres plus loin.

Ici on nous tend directement un formulaire jaune à remplir. Ne sachant pas ce que c’est de prime abord, nous le saisissons et commençons notre travail de remplissage de cases. Il s’agit d’un document sur notre santé et sur nos vaccins « obligatoires » pour passer la frontière. Une fois la besogne effectuée (on a même pas rempli le papier en entier…), nous nous rendons au guichet pour le tendre à l’agent vietnamien en charge de la santé. En retour, celui-ci pointe un laser sur notre peau pour effectuer une prise de température et nous demande bien sûr 1$ (tant qu’à faire !). Vous voyez le truc venir, j’en suis sûr. Malheureusement il nous tient si on ne paye pas et le signale à ses collègues qui détiennent nos passeports. Pas de dollars, pas de passeport…et on peut attendre un moment, et louper son bus. Nous nous exécutons donc et dépensons un peu de nos derniers dollars. Vous qui nous lisez, pour éviter ce genre d’arnaque, classique, rendez-vous directement au deuxième guichet en disant que c’est ok pour le formulaire jaune, personne ne vous dira rien.

Bref, après cette tranche de rire, et de frustration due à l’envol prématuré de nos 2$, nous prenons un minivan qui nous amène au vendeur de tickets de bus pour que celui-ci nous fournisse nos titres de transport vietnamiens (oui c’est un peu confus comme ça, mais imaginez ça en live). Nous repartons avec notre minivan pour la gare routière d’Ha Tien cette fois-ci. On découvre avec surprise notre bus : nous sommes tous allongés dedans. Hâte de passer quelques heures en position horizontale, ou presque. Il ne reste que 250km et il est 13h30, nous nous mettons en tête que nous serons à Vinh Long bien avant 17h, super ça ! Mais nous avons oublié un détail, et pas des moindres : nous sommes en Asie ! Nous arrivons donc à 19h30 !

Bref, durant tout ce voyage, nous avons traversé les immenses rizières du Sud du Viet Nam. Le Sud produit la totalité du riz consommé dans le pays car l’eau y est abondante et la main d’oeuvre disponible. Nous pouvons apercevoir des maisons en continu au bord des innombrables canaux du Delta. Les Vietnamiens ont creusé un système complexe de canaux qui irriguent toutes les terres cultivables du sud. Le Mékong étant immense, ils ont pu se permettre de détourner un peu de son eau. On traverse quelques petits ponts, mais nous sommes tout de même obligés de prendre un bac pour faire traverser le bus quand la présence d’un pont n’a pas été jugée essentielle par le gouvernement. Durant cette interminable route, nous avons été impressionnés par la verdure toujours très présente : rizière, champs de palmiers, arbres fruitiers en pagaille… C’est vraiment un grand jardin.

Nous sommes déposés à 7km de la ville (c’était normal cette fois-ci, on nous avait prévenus) et nous devons rejoindre l’île en face de Vinh Long. Les motos taxis s’approchent de nous et commencent à nous proposer des prix démentiels : 200 000 VND pour deux (pour 7 km on le rappelle). Ils nous disent qu’il y a 15km, sauf qu’on a une carte qui nous dit 7km, désolé copain, ça marche pas l’arnaque. Après discussion avec l’un de leur collègue au téléphone, le prix tombe à 140 000 VND très rapidement, mais on trouve ça trop cher. On les laisse sur place et on va demander de l’aide à une mamie qui était dans le coin puis au guichet de la station où l’on était, pour savoir s’il n’y a pas un mini bus ou un taxi que l’on pourrait prendre. À chaque fois, le même moto taxi venait avec véhémence pour faire fuir les gens ou les obliger à aller dans son sens. Le ponpom a été décroché lorsqu’en faisant du stop (notre dernier recours), ce même bonhomme engueule le conducteur d’une voiture qui s’était arrêtée et le fait fuir. Je finis par monter dans les tours, commence à lui crier dessus, et lui dire de dégager parce que nous ne le prendrions jamais. Oui, il ne faut pas faire ça, mais il avait vraiment dépassé les bornes. On est d’accord pour négocier mais on n’accepte pas qu’on nous mette des bâtons dans les roues. Nous continuons à marcher quelques dizaines de mètres quand deux moto-taxis nous abordent et acceptent le trajet pour 100 000 VND, le prix qu’on s’était fixé au départ (et honnête).

Notre première sur une moto taxi et pas des moindres ! C’est musclé la conduite ici. On a chacun une moto avec un conducteur qui prend notre gros sac à dos entre ses jambes et le guidon de sa moto et nous nous plaçons à l’arrière. Les casques sont trop grands pour nous mais au moins on en a un (de toute façon c’est devenu obligatoire). Armelle l’a tenu toute la route, utile. Les motos font des slaloms entre les voitures et les scooters, tout le monde klaxonne dans tous les sens pour prévenir qu’il va doubler mais personne ne regarde autour de lui. C’est quand qu’on arrive ?!

Après 15min de Fous du Volant, nous arrivons enfin devant le bac qui nous amène sur l’île d’An Binh, l’une des plus importante du Delta. L’île, contrairement à la ville qui lui fait face, est une succession de petits chemins menant à des maisons traditionnelles. Nous logeons chez M. Nam ce soir, qui n’habite pas très loin de l’embarcadère. En cours de route, nous croisons un scooter qui s’arrête devant nous et nous demande si nous sommes les locataires de cette nuit : OUI ! Il nous prend sur son scooter et nous amène au bord de l’eau dans sa maison familiale. C’est une maison d’hôtes charmante, calme et surtout la grand-mère est végétarienne ! Elle nous prépare un repas sur le pouce, car il est 20h30 et que nous avons 2h30 de retard (le dîner étant servi à 18h30). C’est succulent, nous mangeons du tofu/tomates avec du riz, une soupe de courges vertes, des rouleaux de printemps… oui oui tout ça, rien que pour nous !

Après une nuit, un peu perturbée par les coqs pas très réglés, nous nous réveillons au gré de la marée qui se répercutent dans le Delta du Mékong. Nous nous émerveillons devant toute la game des verts disponible autour de nous : palmier, Mékong, bambous, petites plantes, fleurs… L’île est un immense jardin ceint par les eaux tumultueuses du 3ème fleuve d’Asie. Nous enfourchons nos vélos pour partir à la découverte de ces petites routes qui sillonnent l’île. À mon grand désarrois, nous nous perdons un peu tant le labyrinthe est sans fin. Néanmoins, un breton retombant toujours sur ses pieds, nous retrouvons le chemin de la maison après 3h de vélo et de découverte de sentiers inconnus des touristes.

Le lendemain matin, nous nous levons à 5h pour partir à l’aventure et braver les flots. Souquez les artimuses ! Nous embarquons sur notre fier bateau traditionnel pour touristes (avec le frère de . Nam pour guide) et voguons vers une destination inconnue. Non, rassurez-vous, nous ne sommes pas ces braves et fiers Vikings qui ont découvert les Amériques, nous nous rendons à quelques kilomètres de là, à Cai Bé pour voir le marché flottant. Avec un départ à 6h, nous espérions arriver pour 6h30 / 7h au marché car il n’y a plus grand chose à partir de 8h généralement. Nous faisons des détours, nous changeons de bateau et empruntons une barque dirigée par une Vietnamienne à la rame. C’est très sympa car nous passons dans des canaux minuscules au milieu de la jungle, avec pour seul bruit la rame au contact de l’eau.

Nous arrivons finalement à 8h au marché. Mais où est le marché ? Il ne reste plus qu’une seule barge, présente tout le temps et qui accueille systématiquement les touristes. Je pense que ce marché n’existe tout simplement plus, il n’a plus d’intérêt à être présent à Cai Bé. Auparavant les grossistes descendaient jusque là pour écouler leurs marchandises dans la région, très pauvre en axes routiers. Mais aujourd’hui Cai Bé est très bien desservie par la route et le Delta commence à être 100% couvert par les routes. Le bateau prenant du temps et étant coûteux, les Vietnamiens se tournent de plus en plus vers le fret routier pour déplacer les marchandises. Sur le Mékong, nous n’avons vu que du transport de sable en grande quantité. Il reste bien entendu des marchés flottants dans le delta pour les particuliers et dans les zones plus isolés, mais les grossistes flottants n’existent plus. Conclusion de cette excursion…grosse déception. Ne faites pas le marché flottant de Caï Be si vous venez dans delta du Mékong un jour !

 

Heureusement, l’excursion proposée par notre Homestay est un tour de plusieurs endroits. L’étape suivante est la visite d’une confiserie artisanale où nous découvrons comment sont faits les caramels à la noix de coco et les barres de riz soufflés.

C’était très intéressant de voir cet artisanat. De plus, le guide parlait bien anglais et était amusant. Cette visite était organisée autour d’une dégustation de plusieurs confiseries faites à base de sésame, de bananes séchées, de riz soufflé et de gingembre (un peu trop d’ailleurs). Bref on a mangé et ça on aime bien.

Le bateau fait un dernier arrêt dans une pépinière, un parc à bonsaï je crois, où nous mangeons quelques fruits autour d’un thé. Nous prenons nos sacs à dos, faisons nos adieux au groupe avec qui nous étions et nous partons à pieds vers la bus station à 2km de là. Nous montons dans le bus local qui va nous amener à Ben Tré pour un prix dérisoire et un temps de trajet incroyablement long pour le peu de kilomètres à parcourir. Le bus nous dépose gentiment devant les taxis de la ville que nos prenons pour nous rendre à notre homestay perdue au milieu de nulle part. Le taxi nous lâche à une intersection et un tuktuk prend le relais (mais encore là, c’était prévu par la homestay). On arrive dans une grande maison ouverte sur la nature environnante. On profite du calme ambiant pour se reposer un peu dans les hamacs.

Nous prenons le lendemain notre bus pour Hô Chi Minh, à la découverte de la capitale économique du pays et à la recherche de nos copains qui arrivent par l’avion. Eh oui, Fabien et Gautier nous accompagne dans notre voyage pendant une semaine ! Au programme, Saïgon, Da Lat et Hoi An, ça va être bien bien bien bien bien !

2 réflexions au sujet de « Le verdoyant delta du Mékong »

  1. quel beau rodéo sur les motos! je vous imaginais avec vos casques trop grands accrochés à ce que vous pouviez pour ne pas tomber. prenez garde à vous

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