Dalat

Le bus de nuit en partance d’Ho Chi Minh (HCM) nous amène, au petit matin, dans la ville de Dalat. Cette ville agréable est située plus au nord que la tentaculaire HCM et ne subit pas trop le tourisme de masse malgré ses nombreux hôtels. Le climat plus tempéré des montagnes fait peut être moins rêver que la torpeur tropical du Mékong, qui sait ? En tout cas, nous Bretons, ça nous va bien !

Notre bus arrive donc à Dalat avec de l’avance, oui c’est possible ! Nous foulons cette terre montagneuse à 4h du matin (au lieu de 7h quand même !), autant vous dire que la nuit fût courte. Nous essayons de communiquer avec les minibus du coin mais leur humeur massacrante n’aidant pas, nous décidons de partir à pied vers la ville à 4km de là, avec des copains québécois rencontrés 5 minutes plus tôt. Il fait nuit noire quand nous décidons d’emprunter des chemins escarpés dans des quartiers résidentiels : je peux vous assurer que ça grimpe ! La ville se réveille doucement et les premiers commerces à s’installer nous regardent passer, l’air songeur : que font six touristes en train de marcher ici à 5h du matin ? C’est vraiment très sympa de voir une ville se réveiller, c’est calme et on peut voir le soleil se lever.

Nous passons devant la cathédrale, puis devant une antenne qui a copié la Tour Eiffel et enfin nous parvenons au centre ville, toujours avec ses montées et descentes perpétuelles. Nous cheminons avec difficulté jusqu’à notre hostel et nous le trouvons endormi, à l’image de notre groupe de marcheurs plus proche de Walking Dead que d’Usain Bolt. La propriétaire qui dormait derrière le bureau de la réception, nous accueille et fournit aux plus épuisés d’entre nous une couverture en attendant le petit déjeuner. Je ne me fais pas prier bien longtemps avant de tenter de trouver le sommeil.

Vers 7h, tout ce petit monde commence à s’activer et Anna, la patronne des lieux, nous offre le petit déjeuner car nous sommes arrivés très tôt, vraiment on se sent bien dans cet hostel. Je vous le conseille très fortement, si l’esprit routard ne vous effraie pas : le Tigon Dalat Hostel. Le prix est très attractif, la nourriture excellente (le family dinner), le petit déjeuner a le mérite de nous remplir le ventre et les chambres pour 4 sont spacieuses. Anna nous propose des lits pour nous reposer en attendant que notre chambre de quatre soit disponible (normalement nous étions en dortoir mais Anna place en fonction des groupes arrivant). Elle nous répartit dans d’autres chambres et on écrase jusqu’à 12h environ, histoire de mettre un peu d’énergie dans nos accumulateurs.

Nous décidons de partir visiter la ville à pied l’après midi pour découvrir si notre première impression était la bonne. Nous n’avons pas été déçu ! La ville est une succession de petites rues anarchiques et possède un relief qui lui est propre : on ne sombre pas dans la monotonie de l’architecture sans fin d’HCM. Nous nous dirigeons vers le marché couvert, espèce de bunker sans charme mais qui recèle de petites surprises. Nous y achetons de la mangue séchée mais également des fleurs d’hibiscus séchées, pas commun ! Tiens mange une fleur !

Nous continuons notre promenade en faisant le tour du lac de 45 hectares, creusés par les français lorsqu’ils voulaient faire de Dalat une capitale, autour duquel s’organise la ville. C’est très rafraîchissant d’avoir une nature omniprésente au milieu d’une ville au Vietnam, ça n’arrive pas tous les jours. Bon modérons un peu nos propos : une nature oui, mais avec beaucoup de déchets autour. L’eau est tellement sale que l’on voyait des cadavres de poissons flotter à la surface, le long de la rive. L’Asie du Sud (de ce qu’on en a vu) a encore des progrès à faire quant à sa gestion des déchets… Nous flânons le long des berges puis regagnons notre hostel en longeant le parcours de golf de la ville. De retour au bercail, on nous propose de participer au family dinner pour 60 000 VND (2,2€) préparé par toute la famille d’Anna. Testons ça ! Aucun regret de notre part c’était délicieux et la quantité était au rendez-vous. Nous avons pu manger différents plats et se remplir la panse. Après cela la nuit fût paisible.

Le lendemain matin, Gautier, Fabien, Armelle et moi décidons de prendre un scooter pour explorer plus en profondeur la région de Dalat. Avec Claire, une française rencontrée à l’hostel, nous enfourchons nos montures pour nous rendre à la Crazy House. L’architecte étant complétement dingue, son oeuvre l’est tout autant ; nous nous sentons comme de grands enfants partant à l’aventure dans une cabane immense (où dans la cabane des Robinson à DisneyLand). Cette maison/œuvre est tout simplement géniale et on peut la comparer aux créations de Gaudi. Nous nous perdons sur les toits, nous prenons des échelles invraisemblables (sans aucune forme de sécurité) et nous nous retrouvons au milieu d’une salle de bal sous marine. La Crazy House est aujourd’hui un hotel, et nous avons pu admirer l’excentricité de la déco des chambres.

 

Nous partons ensuite vers une cascade loin des chemins de randonnée. On y accède classiquement en prenant une journée de canyoning avec un guide (50$). Mais en cherchant un peu, on peut y accéder via un tout petit chemin sur le bord de la route (et faut aimer l’aventure). Après deux essais infructueux, on trouve enfin le sentier qui descend vers la gorge. Il est très escarpé et il n’est pas forcément aisé de l’emprunter. Après l’avoir suivi un moment, on entend le vrombissement de l’eau qui se rapproche mais on ne trouve pas de descente directe. Que faire ? Eh bien c’est simple, il suffit de suivre le lit d’un torrent asséché et nous y voilà ! En arrivant, on découvre un groupe pratiquant le canyoning sautant du haut de la cascade (eux ils ont payé, pas nous !). Le temps que l’on se change nous nous retrouvons tous les cinq à nager tranquillement dans le bassin où l’eau se jette. On décide de grimper un peu la falaise pour rejoindre le spot de saut et on découvre une cascade encore plus belle au dessus, c’est magique d’être seuls au milieu de cette jungle, avec pour seul bruit, l’eau s’écrasant 7m plus bas. Pourquoi descendre de la même manière alors qu’on peut sauter directement dans l’eau ?

Armelle a sauté pour la première fois de sa vie (après avoir fait une virée en scooter pour la première fois aussi). C’est à ça que ça sert aussi les voyages !

Après une remontée , il faut le dire, harassante, nous reprenons les scooters pour nous rendre à une pagode à quelques dizaines de kilomètres de là. On découvre avec surprise, la splendeur du travail et la taille de ce lieu de culte un peu hors du commun. Les bâtiments sont intégralement recouverts de faïence brisée, ce qui donne un éclat très particulier au temple. Nous grimpons en haut de la pagode pour profiter d’une vue panoramique sur la campagne environnante, composée exclusivement de serres de culture. Ici on produit des fruits et légumes, mais Dalat est surtout connue pour ses fleurs. En finissant notre visite, nous passons par une boutique de meubles sculptés : tables immenses et statues faites avec des souches de bois exotiques. Dans ce « magasin », où se trouve également un genre de temple, on voit deux statues démoniaques entourant un escalier qui descend dans la pénombre. Nous empruntons donc ce passage pour nous retrouver littéralement en enfer. Nous déambulons dans de petits corridors où des scènes de tortures se passent : les démons punissent les Hommes qui n’ont pas été bons durant leur séjour sur Terre. On retrouve des représentations de Buddha sauvant les malheureux également. Bref, très surprenant de tomber là dessus dans un magasin, mais c’était très rigolo à faire. Ambiance WTF, c’est par là !

Après un passage à l’hostel pour se décrasser, nous partons manger une bonne pizza en ville avant d’aller au Maze Bar. C’est un bar labyrinthique, littéralement, où l’on peut se perdre sur de nombreux étages tout en empruntant des escaliers, des échelles cachées et des portes dérobées. Il regorge de petits coins où se poser et on voit des gens se perdre pendant quelques dizaines de minutes de temps en temps. Après la Crazy House, c’est le crazy bar, la boucle est bouclée. La déco était d’ailleurs étrangement similaire, coïncidence…je ne pense pas. On a vraiment apprécié cet endroit hors du commun.

Le lendemain nous prenons notre bus de nuit pour Hôi An avec Fabien et Gautier. Nous faisons nos adieux à Claire avec qui on a passé de très bons moments (Armelle était contente d’avoir une acolyte féminine pour survivre aux trois garçons). Pour quitter Dalat, nous devons passer par les montagnes, je vous laisse imaginer la couleur de notre visage après les premiers virages 🙂

 

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