L’ancienne ville impériale : Hué

Notre duo reformé, nous arrivons à Hué, l’ancienne capitale du Vietnam et ancienne résidence des rois de la dynastie des Nguyen (la dernière). Hué se divise en deux, au sud de la Rivière des Parfums on retrouve la nouvelle ville, moderne comme n’importe quelle ville vietnamienne et sur la rive opposée la citadelle (ou la vieille ville). La citadelle est un carré géant entouré par la Rivière des Parfums et par deux canaux qui forment des douves. C’était une place forte durant de nombreuses années et elle a gardé son importance jusqu’à la guerre du Vietnam.

Les Français, ayant décidé d’envahir le Vietnam, massacrèrent, pillèrent et incendièrent la cité impériale et la cité interdite, bastion de l’empereur de l’époque. Ils prirent la ville en 1885 et permirent à la dynastie Nguyen de continuer de régner mais sous l’égide de la France ; comme c’est généreux… Hué garda son statut de ville impériale jusqu’à l’abdication du dernier empereur en 1945 qui préféra la vie à Cannes où il dépensait sans compter. Il fut rejeté par le peuple vietnamien, finit sa vie en France dans la pauvreté dans un deux pièces à Paris. Il est enterré dans un petit cimetière à Clichy, il me semble, dans l’anonymat le plus total.

Avec la guerre du Vietnam, la cité impériale subit encore massacres et pillages. La ville, aux mains des Américains, fût assiégée pendant la bataille du Têt en 1968. Les forces du Nord entrèrent dans la ville et tuèrent 2500 personnes avant de se faire repousser. Les Américains quant à eux, bombardèrent violemment la cité, ce qui finit de raser certains bâtiments. La ville tomba finalement en 1975 après une autre offensive de la part du Nord.

Voilà pour l’histoire sanglante de Hué. Mais la ville, de part son statut impérial, fût également un haut lieu de la gastronomie du pays. De nombreux plats ont vu le jour à Hué et, encore aujourd’hui, on peut déguster 1300 plats différents à travers la ville (le Vietnam en comporte 1700 en tout). Autant vous dire qu’on s’est fait plaisir avec Armelle ! Nous avons élu domicile dans un petit restaurant végétarien à côté de notre homestay qui proposait de très bons plats dans un petit jardin fort sympathique et garanti sans touriste (sauf nous quoi).

Nous avons eu la chance de trouver une chambre chez l’habitant dans la citadelle, dans la vieille ville, ce qui est assez rare. La plupart des hôtels et backpackers sont situés dans la nouvelle ville, au sud. Nous étions donc dans l’enceinte très fermée de la citadelle où la taille des maisons est délimitée par la hauteur du plus haut temple de la cité impériale. C’est avec plaisir que nous avons séjourné dans ce quartier résidentiel d’Hué, loin de la frénésie touristique. Le cadre était magnifique avec les canaux parcourant la ville et par ses petites rues caractéristiques des anciennes places fortes.

Nous avons également pu visiter la cité impériale, pour un tarif raisonnable de 150 000VND/personne (~ 5/6 euros). Si vous ne prenez pas de guide avec vous, essayez d’avoir un peu de lectures explicatives pour mieux appréhender les bâtiments et leurs architectures, même si le site en propose quelques unes à chaque bâtiments. On commence par la porte monumentale qui servait d’entrée officielle et également à des cérémonies officielles. Elle est percée de cinq portes qui ont chacune un rôle spécifique : la centrale n’était ouverte que pour le roi par exemple.

Nous poursuivons notre visite par la salle du trône. C’est ici que le roi recevait les requêtes mais aussi là que deux fois par mois, des cérémonies officielles en présence de toute la cour se déroulaient. Le bâtiment est assez impressionnant car il est tout en bois peint en rouge et or, les couleurs du roi (signe de puissance, longévité…). De nombreuses colonnes sont présentes et elles symbolisent la puissance mais également le lien entre le roi et son peuple. Ce bâtiment est considéré comme l’un des plus beaux de la cité impériale car il est très bien conservé et est le seul à avoir survécu entièrement aux bombardements US.

Nous partons ensuite découvrir les temples où sont honorés les ancêtres de la dynastie Nguyen. Seuls deux rois n’étaient pas présents car ils avaient été jugés trop nationalistes par les Français durant l’occupation. C’est ce temple qui sert de référence quant à la taille des bâtiments dans la citadelle. Il est sur trois étages et montre comment l’empereur s’élève vers les cieux, tel un dragon : toute la symbolique du lieu représente la divinité de l’empereur.

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Nous passons ensuite par le palais de la reine-mère et par celui de la grand-mère de l’empereur. Nous ne savons pas comment était choisi l’empereur parmi tous les descendants, car celui-ci pouvait avoir jusqu’à 300 femmes, privilège de la monarchie divine… Un côté coup du sort ou peut être que seuls les enfants de la première femme compte. Cela explique peut être la profusion du patronyme Nguyen au Vietnam, qui sait ?

Nous terminons la visite en passant rapidement par la cité interdite dont il ne reste rien et par le magnifique pavillon de lecture. Il est situé face à un étang, et dans la quiétude de son îlot central, l’empereur pouvait parcourir un livre tranquillement. En quittant la cité impériale, nous faisons un détour par le théâtre royal qui accueille encore aujourd’hui des représentations musicales.

Le reste de notre périple à Hué se fit à scooter. Nous prîmes ce moyen de locomotion pour gagner la lointaine plage dans l’espoir de nous baigner et de se détendre. On espérait y voir un phare également. Pour y accéder, nous passons travers la campagne de Hué, avec des villages et habitations frôlant parfois le bidonville. Nous passons ensuite sur un terrain qui s’apparente à une ancienne piste d’atterrissage d’avion militaire, à en croire les éclats d’obus sur le sol et l’ancienne tour de contrôle laissée à l’abandon. Petit No Man’s Land qui débouche sur la fameuse plage. Mais une fois arrivés là bas, le froid, la pluie et le vent mordant nous firent écourter notre escapade océanique. Pour ce qui es du phare, on est loin de nos beaux phares bretons, faisant fasse à la mer et contre lesquels les vagues se brisent.

 

 

 

Nous repartons donc vers une petite bourgade dotée d’un magnifique pont couvert japonnais, oui comme à Hôi An. Mais contrairement à son jumeau, celui-ci était désert de touristes et réservé rien que pour nous.

 

Enfin en vrac, je voudrais vous donner l’adresse de notre homestay, de notre restaurant végétarien et de notre café où nous commencions à avoir nos habitudes.

Notre homestay : Traveler’s Nook, Jack, qui tient ça est plus présent sur Whatsapp qu’en vrai mais il est super réactif et répond à toutes vos questions. Il loue des scooters pour pas trop cher et a même réalisé un petit livre avec tous ses conseils sur Hué, sa ville dont il est fier.

Notre restaurant végétarien : Ngu Ha Garden, un très large choix de plats végétariens (le bonheur !), en grande quantité et à très bon prix. Le cadre est apaisant, on y passe vraiment un bon moment.

Notre café : Bon Café, à part le nom du café, aucun des serveurs n’est francophone ou anglophone mais la déco est sympa et le coconut coffee est très très bon. C’était notre petit plaisir de la journée.

On retrouve un peu de la maison à la boulangerie !

 

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