Ninh Binh : la baie d’Halong terrestre

Cette fois on accélère un peu la cadence et on traverse une bonne partie du pays pour aller de Hué à Ninh Binh. On prend un bus de nuit qui part vers 17h de Hué, et nous fait arriver à 4h20 à Ninh Binh. Le bus nous dépose en bordure de route car lui continue jusqu’à Hanoi. Par contre, c’est la première fois qu’on a un chauffeur qui nous demande où on va et qui s’assure que c’est un bon endroit pour nous déposer. Merci monsieur chauffeur, vous êtes bien aimable ! On nous dépose en bord de route et non pas dans Ninh Binh même car notre homestay se trouve en périphérie de la ville, plus près de Tam Coc et des lieux à visiter.

D’après Maps.Me, notre homestay est à 2,7 km. On décide de le faire à pieds. De toute façon il est 4h du mat’, autant dire qu’on a le temps. On marche sur le bord de la nationale, dans le noir, pendant quelques temps avant de rejoindre les petits chemins de rizières et des habitations. C’est la deuxième fois que cela nous arrive (la première c’était à Dalat) et ça reste un moment sympa de marcher dans le noir et dans le silence de la ville endormie. Après une heure de marche, on arrive au point indiqué par Maps. Me…mais pas de homestay en vue. On check sur Google Maps (merci les téléphones portables et l’internet mondial !) qui nous indique qu’il faut marcher encore 1,5 km. Ce n’est qu’après 1h40 de marche et quelques gouttes de sueur que nous arrivons au bon endroit. Le portail est fermé mais nous apercevons de la lumière. Quelques « hello » suffisent pour qu’on vienne nous ouvrir. On nous offre un café et on nous montre la terrasse avec un hamac et un transat où on peut patienter le temps que la chambre soit prête (et finir notre nuit). Au fur et à mesure que le soleil se lève, on découvre l’environnement dans lequel nous allons rester. Des pains de sucre trônant sur la rivière et les rizières. Une ambiance de village, de vie de quartier, toute calme (si on oublie les klaxons des scooters qui sont partout…). On va être bien là.

La Mai’s Homestay prête des vélos en état tout à fait acceptable, nous permettant, une fois douchés et reposés, d’aller faire un tour pour découvrir les environs de jour et voir la pagode la plus proche. Après trente minutes de vélo nous arrivons au fameux Bich Dong Temple construit dans la roche. À notre arrivée, trois bus de Chinois débarquent et entre dans le temple par vague ! Bon on va attendre que la tempête passe avant de s’aventurer.

Le temple aux allures de troglodyte, se dévoile en plusieurs parties, dissimulées dans des petites grottes après avoir grimpé quelques marches bordant la roche. Nous arrivons, après être passé dans une grotte et un escalier à flan de montagne, au troisième niveau du temple, mais rien d’extraordinaire. On redescend donc en quête d’une autre aventure. En progressant un peu dans la balade, on aperçoit un escalier menant derrière la montagne et ouvrant sur un lac et une vallée (faisant penser à la vallée de Petit Pied avec un montagne cassée en deux). Là, des hommes pêchent le poisson, bricolent on ne sait quoi. C’est calme et agréable de découvrir cet endroit et surtout peu de touristes pousse la promenade jusque là.

Le lendemain, samedi, nous décidons de nous rendre à une autre pagode, plus éloignée, à une vingtaine de kilomètres environ. Avant de nous y rendre, nous faisons un petit détour par Hua Lu, une ancienne capitale du Vietnam (de l’an 1000) dont il ne reste plus que deux temples. Le détour ne valait pas vraiment le coup car il n’y a pas grand-chose à y voir. Par contre les 45 minutes de vélo sur la route nationale pour se rendre à la pagode, valaient l’effort !

On a vu une mini grenouille !

La Bai Dinh Pagoda, est un complexe énorme de temples et avec une tour immense aux allures de tour de Pise (mais pas penchée) construite en 2010 et qui est devenue le lieu d’attraction des Vietnamiens. On a eu la chance de la visiter le samedi, jour de sortie des Vietnamiens et donc de vivre un tourisme local. Nous étions très peu d’étrangers pour beaucoup de Vienamiens venant en famille faire quelques offrandes à Buddha. D’ailleurs pour l’anecdote, les Vietnamiens donnent beaucoup de billets de 1000, leur plus petite coupure, et donc beaucoup se baladent avec des liasses entières, ce qui fait qu’on en a retrouvés plusieurs sur les bords de route (quatre pour être exacte). Cela n’a pas beaucoup de valeur mais ça procure toujours un petit plaisir, une sensation de chanceux, de trouver des billets par terre (un peu comme un trèfle à quatre feuilles). Autour de la pagode s’est organisé un véritable lieu de vie avec des parkings à vélos et scooters (payants forcément) d’où on rejoint la pagode à pieds (ou en voiture électrique à 60 000 dongs, pour les plus paresseux) en passant par un long marché. A la pagode, on trouve un petit parc, un grand Buddha en haut d’escaliers, et un restaurant en sous-sol de la pagode. Bref, on peu aisément passer une heure ou deux ou plus ici, à partager un bon moment en famille. C’était amusant de se sentir les seuls étrangers et d’être spectateurs de la vie quotidienne des habitants de ce pays. Par moments nous étions même une attraction touristique. De nombreux Vietnamiens sont venus nous demander d’être pris en photo avec nous. Cela nous a bien fait rire !

Après avoir tenté de traduire le menu du restaurant au sous sol et mangé un plat de riz (qui se dit « com ») nous avons renfourché nos vélos pour rentrer. Le choc culturel s’effectue pas mal sur les routes : tous les dix mètres, on se faisait alpaguer par des gens sur le bord de la route. Ils nous faisaient des grands signes, nous invitant à nous arrêter, mais je ne comprenais pas pourquoi puisqu’ils avaient l’air de ne rien vendre. C’est après que j’ai compris qu’ils proposaient des espaces de pique-nique : une bâche au sol et une autre pour faire le toit ! D’ailleurs la nourriture n’était pas très loin elle non plus, puisque des vendeurs de chèvres mortes regorgeaient sur la route. Il faut savoir que la viande de chèvre est une spécialité de Ninh Binh, les Vietnamiens se l’arrachent et à prix qu’on ne peut considérer comme bon marché. Franchement on a du mal à les comprendre sur ce point…parce que les vendeurs de chèvres te présentent l’animal entier, pelé et installé sur une table, la tête bien droite comme s’il faisait une sieste. C’est répugnant et il y en a plein ! La viande pas fraîche, c’est par là ! Miam…

Dimanche, nous avons choisi de nous éloigner encore plus, à 30km, en scooter cette fois, pour aller visiter la cathédrale Phat Diem et assister à la messe en même temps. Construite il y cent ans, la cathédrale reprend le modèle des temples, au niveau de sa disposition et son architecture. Il y a la cathédrale principale et autour on trouve des petites chapelles, le tout créant un beau lieu de vie et de communauté. La cathédrale est en bois à l’intérieur et aux couleurs rouges et or rappelant là encore les bâtiments des empereurs de Hue et des temples. La messe à laquelle nous assistons est en vietnamien forcément, et était une messe spéciale pour les scouts de la région. On a vu débarquer des centaines d’enfants de tous âges, remplissant ainsi un bon tiers des bancs. La messe, grâce à eux, fut très vivante et les chants, bien que nous ne comprenions rien, étaient très beaux.

Nous avons passé un très bon séjour à notre Homestay. Nous avons d’ailleurs appris qu’au moment où nous y étions, cela ne faisait qu’un mois qu’elle avait ouvert. La jeune femme qui tient ça avec sa famille, parle parfaitement anglais, est très gentille, ouverte à la discussion et toujours prête à nous faire gouter un morceau de gâteau fait par sa mère, ou un fruit ou une spécialité vietnamienne. Pour le dernier soir, elle nous a même préparé un cocktail à base d’alcool de riz, de mangue, de mûre et de banane. Le cocktail le plus tricky que je n’aie jamais goûté mais si bon! On a dîné tous les soirs à la homestay car c’était très bon et abordable. Vraiment je recommande ce super endroit. Nous aurions pu y rester plus longtemps mais d’autres folles aventures nous attendent à Cat Ba, l’île au sud de la fameuse Baie d’Halong. Après la baie d’Halong terrestre, passons à la baie d’Halong maritime.

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