La brousse calédonienne

Après l’escapade culturelle des premiers jours, Eve et Christophe se sont dit qu’il fallait nous détendre : notre cerveau était en ébullition ! Ils nous ont concocté une petite nuit au Bétikuré, très bel ecolodge encastré dans une vallée verdoyante. Comme vous pouvez le voir, c’était moche !

Nous avons pu profiter du jacuzzis et de la piscine tout en regardant les palmiers royaux et le parc paysagé, dur… Le lendemain nous avons découvert la plage de Poé et n’avons pu résister à la tentation de la baignade dans ce lagon bleu ciel.

Mais tout cela n’était qu’un appéritif comparé à la journée complète sur l’îlot du phare Amédée. Eve et Christophe nous ont offert la journée sur cette petit île au large de Nouméa qui abrite un phare à double structure métallique. Le phare a pour objectif de signaler les récifs de coraux et indiquer la passe (de la barrière de corail) aux bateaux voulant mouiller au port de Nouméa. Ce phare a été construit en France dans l’atelier de François Rigolet avec les plans de Reynaud. Dans tous les guides on nous indique que le phare a été construit dans les ateliers Eiffel, c’est faux, Gustave Eiffel s’est battu contre ce projet durant toute la construction…

Au programme de cette sortie : baignade, snorkelling, cuire sous le soleil, buffet le midi, musique et danse polynésienne, petit tour de l’île et escalade aux cocotiers. C’est dur les vacances !

Nous avions rendez-vous à l’embarcadère de Nouméa à 7h30 pour un départ du bateau à 8h30. La traversée dure à peine 45 minutes et nous arrivons à quai. En bon bidochons, on essaie de sortir en premier pour chopper deux transats sous un parasol, parce qu’en milieu de journée le soleil ça cogne. Mission accomplie, nous voilà installés et, armés de nos maillots de bain et masques et tubas, nous ne nous faisons pas prier pour partir à la rencontre des habitants sous marins.

Parmi les animaux que nous étions sûrs de croiser sur l’île, il y avait le tricot rayé. Cet animal au nom charmant se trouve être un serpent marin au venin mortel. Alors il est dangereux mais au final pas tant que ça puisque sa mâchoire est trop petite pour mordre les humains. Le seul endroit qu’il pourrait atteindre serait la peau entre les doigts (il faut tout de méfier, ça frôle la légende urbaine). Par ailleurs, le tricot rayé, animal emblématique de la Nouvelle Calédonie, n’est pas agressif et est même plutôt craintif des humains. Comme ils sont nombreux sur l’île, c’est le premier animal sur lequel je suis tombée en arrivant sur l’île. Il était sous le tapis anti-dérapant qu’il y avait sur le ponton. Piétiné par tous les touristes, il restait docile, le serpent. Je l’ai vu sur le ponton et non dans l’eau car le tricot rayé a des poumons (et non des branchies), il se nourrit de congres (petites anguilles) dans la mer et vient ensuite digérer et se reposer sur terre. Il creuse des galerie dans le sable ou la terre, près des arbres. Durant la journée, on en a vus plusieurs sur terre comme sur mer, mais aucun ne s’est montré agressif, bien que très proche des gens (et des enfants !).

À part ça, nous avons vu des merveilles sous l’eau. Léo avait un masque et un tuba ; quant à moi, j’ai eu l’occasion d’essayer le gros masque integral de Décathlon. C’est pas pour faire de la pub mais il est top, même si tu ressembles à rien avec. Il offre un large champs de vision et permet de parler sous l’eau. L’eau ne rentre pas dans le tuba intégré, donc impossible de boire la tasse.

Il ne faut pas nager bien loin pour observer des poissons colorés, l’eau est transparente et sans trop de fond. Nous avons pieds partout, mais comme nous nageons au dessus d’un lit de coraux, il n’est pas recommandé de marcher dans l’eau. Le corail, en plus d’être protégé, ça coupe. On est dans un autre monde quand on est sous l’eau. C’est silencieux et calme. On flotte au gré des mouvements de l’eau et on observe la vie sous marine défiler en dessous. Nous avons vu de nombreuses variétés de poissons (forcément) comme des poissons papillon, des demoiselles, des mérous bleus ou des poissons picasso (qui portent bien leur nom je trouve). Nous avons trouvé également la ville de Nemo, avec des poissons partout et une anémone au milieu qui abritait un petit Nemo (vraiment tout petit) et Marin. Juste à côté de l’anémone, se trouvait une étoile de mer d’un bleu inimaginable à l’était naturel. Elle était bleue électrique. Au début, au loin, j’ai cru que c’était un vêtement perdu au fond de l’eau. En fin de journée, nous avons réussi à voir une tortue de mer, toute seule, qui broutait les algues au fond de l’eau. Elle avait un poisson parasite posé sur la carapace. Le genre de poisson qui nettoie les vitres (et les carapaces).

Mis à part le snorkelling, nous avons aussi mangé à un buffet très complet où j’ai eu l’occasion de goûter à la salade tahitienne (thon cru, tomates, concombre, le tout dans du lait de coco). Un délice. L’instant déjeuner était accompagné de musiciens et danseurs polynésiens. À la fin du repas les danseurs choisissaient des gens parmi les touristes pour les initier à quelques pas de danse tahitienne. Autant dire que Léo se planquait sous la table de peur d’être choisi. Après le déjeuner, nous avons essayé de grimper à un cocotier, mais sans grand succès. C’est plus haut qu’il n’y paraît. Dans le tour, il y avait des bénévoles qui nous ont fait le tour de l’île, un site naturel protégé avec une faune et une flore riche. Pour finir, nous avons grimpé les 247 marches du phare, en haut duquel une splendide vue sur le lagon et sur l’île nous était offerte.

Hormis ce weekend parfait, nous avons pu profiter d’autres endroits paradisiaques. Nous sommes retournés le dernier weekend de notre séjour, du côté de Boulouparis et de Bourail. Nous avons eu la chance de passer une nuit atypique sur un catamaran. L’histoire de ce catamaran est bluffante : il a été construit par les mains de deux Bretons passionnés dans leur propre jardin, à Lorient. Après deux ans de tour du monde, ils ont débarqué en Nouvelle Calédonie pour retourner à Nantes, avant de continuer leur voyage un peu plus tard. Nous avons partagé un repas sur le bateau d’amis au gré du clapot du port.

Le lendemain, nous avons eu la chance d’être accueillis par Patrick qui cultive de la vanille. Nous avons pu ainsi découvrir le monde fascinant de cette orchidée bien spécifique qui produit cette épice à 600€/kg. Voici la petite histoire de la vanille : tout commence avec une orchidée qui pousse sur un tuteur et qui ressemble à une liane ; elle peut pousser de quatre centimètres par jour. Une fois dans l’année on doit « marier » la vanille : la fleur étant hermaphrodite elle possède les deux gamètes. Il « suffit » à l’agriculteur de mettre en contact le pollen extérieur avec la partie femelle cachée par un opercule. Il faut faire attention à ne pas marier trop de fleurs, sinon la plante se meurt. Et oui, la fleur a une durée de vie d’une demie journée : si on attend l’après midi la fleur se fâne et on ne peut pas avoir de vanille. Une fois la fleur mariée, la gousse de vanille, une espèce d’haricot se forme. Quand le bout de celui-ci devient jaune, on le cueille pour le traiter. À ce stade, on n’a pas d’odeur de vanille car la vanilline n’a pas encore été synthétisée. Pour ce faire, on plonge les gousses dans une cuve d’eau chaude pendant quelques minutes avant de les sécher. Il faut ensuite neuf mois pour que l’enzyme synthétise toute la vanilline et libère tous les arômes (et 150 autres arômes présents dans la gousse). Bref, de la pousse à la vente, il faut 16 mois pour produire sa vanille et aucune machine ne peut être utilisée, d’où son prix.

Nous avons terminé ce second weekend par une nuit au bord de mer, dans un petit appartement bordé par une piscine : compliqué de faire mieux. Nous nous sommes levés à 5h45 pour voir la lumière du soleil illuminer la plage de Poé et son lagon.

J’espère qu’après cet article nous aurons su vous démontrer à quel point notre séjour est pénible et difficile. N’allez surtout pas en Nouvelle Calédonie, c’est beaucoup trop moche !

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