Chill à Rotorua et Auckland

Pour nos deux dernières semaines en Nouvelle Zélande, nous n’avons pas fait grand chose, surtout que le temps devient de moins en moins clément, au fur et à mesure que l’hiver progresse. En gros il pleut…

Du 31 mai au 7 juin, nous sommes restés dans la région de Rotorua, connue pour ses sources chaudes. Nous avons gardé une maison pendant que ses habitants partaient en week-end prolongé (en l’honneur du royal anniversaire de sa Majesté la reine d’Angleterre). Tout est bon pour faire un jour férié. Ce fut très agréable de se retrouver tous les deux dans une maison, à simplement se reposer, se faire à manger et s’occuper des quelques animaux (poules, lapin, chat et poissons) restés au domicile. Nous avons profité de cette semaine pour découvrir la forêt de Sequoias (Red Wood Forest) qui propose de belles balades d’une ou plusieurs heures, ainsi qu’une marche dans les arbres (accrobranche mais en moins sensationnel) de jour ou de nuit. À 25 dollars le ticket, on s’était dit que cela pouvait être sympa de le faire de nuit car ils allument de nombreux lampions et font quelques jeux de lumières afin de transformer la forêt en un lieu féérique (ils vendent bien leur truc). Cependant quand nous sommes arrivés sur place, il y avait une queue si grande qu’il fallait attendre au moins une heure (dans la nuit et le froid) avant de pouvoir monter. Après un petit tour rapide de ce que cela donnait, vu d’en bas, on s’est dit que cela ne valait pas tant que ça la peine et nous sommes rentrés. Nous sommes retournés dans la forêt de jour pour s’y balader, pendant une heure et demie à travers les séquoias, ces grands arbres rouges, mais aussi d’autres plantes comme les fougères arborescentes (espèce endémique) donnant un aspect tropical à la forêt. Nous sommes aussi passés devant une marre d’eau stagnante, pleine de souffre (vu l’odeur), translucide et bleu glacé ; c’était magnifique.

Comme Rotorua regorge de sources chaudes (dont certaines sont encore naturelles et gratuites) nous avons voulu aller nous rechauffer à celle de Kerozene Creek. Cette rivière d’eau chaude offre plusieurs spots où il est possible de se baigner. Il suffit de marcher un peu en longeant la rivière et de trouver un endroit qui nous plaît. Bon ça sent l’oeuf pourri partout dans la forêt mais cela reste supportable. Cependant, comme il avait plu à torrent les deux jours précédant notre expédition, l’eau s’est avérée plus tiédasse que chaude. De plus, l’aspect trouble de l’eau ne m’inspirait pas vraiment confiance et j’ai préféré rester au chaud sous mon manteau quand Léo, grand aventurier, s’est tenté à y tremper les pieds. Voyez comme il a l’air serein dans cette piscine si chaude : « Attention c’est très très tiède. »

 

Conclusion, les sources chaudes en hiver, il faut bien prévoir son jour. La famille chez qui nous étions nous avait parlé d’une autre source un peu plus loin, The Bridge, qui est un endroit où sources chaudes et froides se rencontrent afin de rendre ce lieu juste assez chaud pour y rentrer. On le connait aussi sous le nom de Secret Spot, mais nous n’y sommes pas allés car le temps n’était vraiment pas de notre côté cette semaine. Nous avons pu faire un crochet vers la « Mud Pool » ou de la boue bouillante vrombissait littéralement, pour le coup il ne fallait pas y tremper un orteil.

Le 7 juin, jour du départ, nous partons le matin pour trois heures de route en direction d’Auckland, la plus grande ville de Nouvelle Zélande et donc la plus peuplée : environ 1/4 de la population y vit, soit 1,3 millions d’habitants. Nous rendons notre carrosse à midi et découvrons un peu le centre de la ville, mais avec nos gros sacs nous passons la majorité de l’après-midi à la bibliothèque du centre-ville, qui est bondée et très bien équipée. Nous rejoignons ensuite notre premier couchsurfer le soir. Campbell (son petit nom) vit à deux pas du stade Eden Park, où nous allons nous rendre deux jours plus tard, pour assister au match France / All Blacks. La soirée se passe tranquillement dans cette collocation de cinq personnes. Nous dormons dans le salon, et avons froid, très froid . En effet, la maison date des années 30 et donc l’isolation n’est pas optimale (euphémisme). Par ailleurs, isoler les maisons n’est vraiment pas le fort des Néozélandais. Ils n’ont que du simple vitrage et des murs épais comme du papier à cigarette. Ils ont des hivers froids et humides, mais apparemment ça ne les perturbe pas plus que cela de vivre dans des maisons froides et de flamber la facture en mettant le chauffage.

Le lendemain, nous déposons nos gros sacs à dos à un point d’information (rien n’est gratuit, on en a pour 20 dollars) afin de pouvoir se balader tranquillement dans la ville. Nous faisons une partie de la randonnée qui s’appelle Coast to Coast Walk et qui nous fait aller d’un bout à l’autre de la ville pour y voir, d’un côté la mer de Tasmanie et de l’autre l’océan Pacifique. La balade entière (aller-retour) fait une trentaine de kilomètres. On ne fait que sept/huit kilomètres, nous permettant d’atteindre le Mont Eden, un des volcans qui a formé Auckland, et le plus haut des quelques cinquantes volcans alentours. De là haut, nous avons une superbe vue panoramique de la ville qui s’étend à des kilomètres à la ronde. La hauteur nous permet également de voir les deux mer/océan de la Nouvelle Zélande. Ce fut une belle promenade. Nous sommes redescendus tranquillement en direction de la ville et avons fait un détour par l’Alliance Française d’Auckland. Le bâtiment est caché dans une sorte de zone industrielle (on a vu Tesla!) mais s’avère être un lieu accueillant malgré sa petite taille. Nous rencontrons une enseignante qui nous accueille et nous restons quelques temps à regarder les livres de la médiathèque. Après cela, nous retournons à la bibliothèque pour imprimer nos billets pour le match et prenons ensuite le bus en direction de Browns Bay, au nord d’Auckland, où se trouvent nos hôtes, Jerilyn et Jacques, pour les quatre prochains jours.

 

Il faut compter une heure de bus pour s’y rendre depuis le centre-ville. Leur quartier au bord de mer est très sympa et propose toutes les commodités, dont notamment un petit épicier qui vend du beurre de cacahuète que l’on presse soi même. Le temps étant contre nous, nous avons pu rester un peu chez eux à préparer la suite du voyage et à dormir un peu. Mais après une très bonne nuit dans un lit super confortable (ça faisait longtemps), nous repartons au centre-ville en leur compagnie pour aller au French Festival. Ce petit évènement de 2 jours permet aux Français du coin de se retrouver et aux locaux de découvrir un peu la gastronomie française essentiellement. Ici pas d’escargots ou autres clichés, mais baguettes, croissants, chaussons aux pommes, fromages, crêpes et même raclette ! Armelle profite de ce passage pour assister à un cours de français pour ultra débutants avec l’Alliance Française.

Jerilyn et Jacques nous amènent déjeuner dans un food court assez caché mais très réputé en semaine. On se prend des spécialités asiatiques, ça faisait longtemps. Puis nous nous séparons car nous devons aller nous enregistrer à notre auberge de jeunesse de ce soir. Nous découvrons une auberge pleine à craquer avec une personne à l’accueil totalement débordée (on a dû attendre 45 minutes). Une fois les clés en mains, on se retrouve dans une chambre au confort minimum qui nous semble un peu chère à la vue du prix demandé, mais bon ça fera l’affaire pour après le match. Car oui, aujourd’hui c’est jour de match (samedi 9 juin 2018) !

Ce qui est bien avec notre ticket pour le stade, c’est qu’on a les transports gratuits pour nous y rendre ! Choisissez votre transport et il vous y amène ! Nous optons pour le train qui nous dépose au pied de l’Eden Park, l’emblématique stade des All Blacks. Bien entendu nous ne sommes pas seuls dans le train et nous tombons sur une joyeuse bande de Français, quelque peu alcoolisés, en train de beugler des chansons paillardes en l’honneur des néo-zélandais, le tout devant la caméra de la chaîne de sport national. Et comme il fallait en faire toujours plus, ils ont organisé un paquito dans le train et Français et jeunes Kiwis se jetaient allègrement dans cette manifestation de la joie de vivre du Sud Ouest. Ils ont réussi à embrigader le monsieur de la sécurité en chantant avec lui et en soufflant dans son sifflet, ici c’est la France (Et pas n’importe quelle France…) !

Nous avons gardé le sourire lors de notre arrivée au stade et nous avons exulté pendant ce Haka en live dont les All Blacks nous ont fait honneur. Le stade était complet avec plus de 45000 personnes et les Néo-zélandais sont des fervents supporters, mais très sympas. À part deux Français à côté de nous, nous étions en minorité pour supporter l’equipe des bleus. Nous étions entourés aussi de Maoris venus voir le match et pendant la première mi-temps, nous étions aux anges car la France menait 11-8. Nous avons néanmoins déchanté en deuxième mi-temps quand le rouleau compresseur Blacks a inscrit 7 essais à 0 ( en 40 minutes !) pour une défaite cinglante des Français 11-52. Je crois qu’ils étaient fatigués les petits pères (bon le top 14 est terminé seulement depuis 1 semaine tandis que les Blacks revenaient de vacances). Après avoir salué et serré la main de nos copains de stade Maoris, nous repartons toujours en train, vers notre palace.

Pour finir cette session à Auckland et pour fêter mon anniversaire plus dignement que par une lourde défaite de notre équipe nationale, Armelle nous a réservé une table dans un restaurant de Browns Bay. Après avoir réalisé un rêve de gamin en voyant France/All Blacks, il est temps de se remplir l’estomac. Nous sommes dimanche et c’est le jour des pizzas au Velvet Gipsy, mais qui n’ont rien à voir avec Dominos. Ici les pizzas sont délicieuses et les produits de qualités, ça nous fait tout bizarre ! Le dessert de trop était un délice : tarte citron meringuée dans sa soupe de framboise pour Armelle, et Parfait caramel beurre de cacahuète avec ses popcorns pour moi. Bilan : + 25 kg !

Voici que s’achève notre aventure en Nouvelle Zélande. Nous avons pu voyager autrement que par la voie touristique en rencontrant beaucoup de locaux et en partageant, un temps, leurs vies. Certes nous n’avons pas fait toutes les attractions pour les touristes (type Hobbitbourg mais qui ne vaut pas son coût apparemment), mais nous avons pu devenir fermiers, gardiens de maison et parasites de passage chez nos hôtes. Nous repartons de ce pays riche de paysages et de découvertes humaines. Si vous y allez, je pense qu’un mois est un gros minimum, en courant un peu partout. En deux mois, vous avez le temps de mieux approfondir votre voyage et vos découvertes. Bon voyage !

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