Le Nord et la Montagne du Destin

Nous revoilà sur la route à bord de notre magnifique petite voiture. Bon ok, quand on roule, le plafond tremble et à 100 km/h j’ai l’impression d’être un pilote de formule 1. Nous partons de Wellington en début d’après midi et nous roulons qutre bonnes heures, direction la ville de Napier dans l’Est de l’île. Pourquoi cette destination paradisiaque ? Parce que nous avons entendu dire que la ville respirait bon les années 30 et que c’était sympa. Nous y arrivons la nuit tombée et nous filons directement à notre couchsurfing dans une colloc étudiante.

Le lendemain matin, nous partons à l’aventure dans cette ville, de taille respectable (ça change des patelins de l’île du Sud) et nous tombons un peu de haut. C’est juste une ville normale avec quelques immeubles des années trente. C’est pas moche mais ça n’a rien d’exceptionnel. Point positif : elle est située au bord de l’Océan et ça c’est bien ! On fait le tour de la ville et on prend un café avant de partir vers Taupo, au centre de l’île.

Taupo et sa région (et Rotorua au Nord), sont connus pour l’activité thermale intense de leurs terres. Nous dégustons notre meilleur burger avant de partir au sud du grand lac, dans la ville de Turangi où nous logeons dans une famille Maori du coin. Nous sommes accueillis à la nuit tombée par Pom et Max et leurs deux enfants. Ils vivent dans une petite ville, essentiellement Maori et on sent que la distribution des richesses est un peu déséquilibrée entre les Kiwis et Maoris. Nous dormons sur un matelas dans le salon de leur humble maison et ils nous invitent à partager leur dîner. Petit hic : Pom nous explique qu’en échange d’un service rendu (le logement, la nourriture, le WiFi et la douche), les Maoris attendent quelque chose en retour. Il n’y va pas par quatre chemins et demande de l’argent. On lui explique que c’est tout de même contraire aux principes de couchsurfing mais on accepte quand même car on n’a pas vraiment le choix en fait. Autrement, cette petite famille était généreuse et nous avons pu découvrir la culture locale.

La grosse partie de cette courte épopée a été de gravir le Mont Tongariro avec pour vue la Montagne du Destin du Seigneur des anneaux (Mont Ngauruhoe de son vrai nom). Nous sommes arrivés sur place vers 10h, pas trop tôt car nous sommes en hiver et nous n’avions pas envie de geler sur place. Il fait entre 0 et 3 degrés mais nous avons un magnifique soleil en notre compagnie et pas de vent. Nous décidons de partir à l’aventure avec pour objectif d’atteindre le sommet et donc la moitié de la randonnée. La randonnée totale fait 19km et traverse le parc national. Une fois arrivée au bout, il faut prendre un bus qui te ramène à ta voiture (40/60 dollars le bus quand même!). En hiver, il n’y a pas de bus, donc faut s’arrêter à la moitié et revenir (mais la deuxième moitié est moins sympa donc pas de regret).

Nous commençons cette promenade de santé par 1h30 de marche sur un terrain plus ou moins plat avec ses petits ponts, ses cours d’eau gelés et ses coulées basaltiques. Nous pouvons donc profiter de la vue sur les volcans en ménageant nos efforts et en profitant du soleil. Malgré l’hiver, on se retrouve vite à retirer manteau, bonnet et gants. Après notre pause repas, c’est là que la difficulté commence : ça grimpe et on commence à rencontrer des plaques de neige. Nous arrivons finalement au creux du cratère du sud, entièrement couvert de glace et de neige. Nous sommes presque seuls dans ce désert blanc (on a remis les pulls d’ailleurs) et cette étendue blanche est impressionnante. Nous continuons dans ce cratère pendant environ 1 kilomètre en évitant de glisser sur la glace avant de rencontrer la pente finale.

Plus abrupte que celle qui nous a mené jusqu’ici et surtout beaucoup plus enneigée et verglacée en haut. On suit les traces des autres randonneurs et on s’accroche aux chaînes métalliques fixés dans la roche à certains endroits. C’est physique et il faut redoubler de vigilance pour ne pas se blesser. On pense à la redescente qui va être sympa. Mais cette difficulté passagère est balayée quant on arrive en haut. On profite d’une vue splendide à 360° et on est heureux d’avoir parcouru ces 8,2 kilomètres pour en arriver là. On remarque qu’à certains endroits, malgré le froid glacial et la neige, que la terre est apparente et chaude. Oui il y a une forte activité en dessous de la roche et on peut voir la fameuse Montagne du Destin fumer un peu à son sommet. Qui sait, quand Frodon jettera l’anneau, elle explosera peut être de nouveau.

Bon maintenant, il faut penser à redescendre et la première partie n’est qu’une pente de glace, joie et bonheur ! Après moult précautions et une chute (un seule) nous voilà de retour dans le cratère sud. Nous sommes entiers, sauf mon genou qui est resté là haut, mais c’est un détail. Il nous faut fatalement plus de temps pour retourner à notre voiture car la descente est dangereuse. La température est bien descendue également, et c’est avec une certaine joie que nous retrouvons le confort de notre véhicule.

Il nous aura fallu 7h30, pause déjeuner incluse, pour faire ces 16,4 kilomètres et s’en mettre plein la vue. Je pense que le début de l’hiver est la meilleure période car presque personne ne randonne et que la neige apporte beaucoup de charme. L’été c’est une file discontinue de touristes qui s’amasse le long des pentes du Tongariro et ça perd son charme. Par contre équipez-vous ! Les chaussures de randonnée sont un minimum, oubliez vos baskets et chaussures de ville (On a vu une fille en Crocs…pas un bon exemple à suivre). Prenez également des vêtements chauds, bonnet et gants. Pour nous c’est la plus belle randonnée de notre voyage et une expérience incroyable. On n’a pas la chance de marcher sur les traces de Sauron, Frodon, Gollum et ce bon vieux Sam. « Nous avons réussi Sam. »

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