Santiago du Chili

Ce mois ci, nous sommes Américains, des vrais ! Nous terminons notre voyage à travers les cinq continents, en commençant par le Chili. Ce pays étroit est encastré entre la Cordillère des Andes et l’océan Pacifique. Il compense sa maigre largeur par ses 4300 kilomètres de long, partant de la Patagonie et finissant au Pérou. La langue officielle est un espagnol un peu modifié (ce qui rend compliqué la communication entre Chiliens et Espagnols). Et nous sommes heureux de retourner dans un pays où la différence euro/pesos est importante, ce qui donne des sommes absurdes (1000 pesos ton pain 🙂 )

Nous sommes arrivés à l’aéroport de Santiago après 9h de vol depuis Auckland et en étant retournés dans le temps. Et oui, c’est possible ! Il suffit de traverser cette ligne imaginaire qui nous fait passer de +10h/GMT à -4h/GMT ce qui donne une journée de 40h environ, le capitalisme en serait heureux. Nous subissons pour le première fois de notre périple ce que les anglo-saxons appellent le Jetlag, et ça fait mal. Nous sommes donc des zombies se rendant à notre hostel pour notre première nuit dans la capitale chilienne. Mais il est encore tôt et nous devons subvenir à nos besoins, c’est-à-dire trouver une banque car la carte bleue n’est pas forcément acceptée partout. Nous nous dirigeons vers le centre-ville pour trouver la banque partenaire de ma carte bleue et surprise, elle n’est ouverte que entre 9h et 14h et tous les ATM se trouvent à l’intérieur (question vandalisme tout ça tout ça). Bon, on tente dans une autre banque et la commission est fixe et hors de prix (5000 pesos ~ 10 euros) on attendra demain hein…

Après une petite nuit, nous décidons de visiter un peu plus le centre-ville et nous allons sur la Plaza de Armas, la place principale de la ville. Si on vous dit que l’Amérique latine est dangereuse, Santiago est une exception. En effet, la police (ou los carabineros) est partout, à pieds, à cheval, en voiture pour reprendre les paroles de Brassens. Bref, entre les policiers, nous trouvons sur la place des prêcheurs, des mangeurs, des vendeurs et des joueurs d’échec. Il y a aussi une imposante cathédrale que l’on décide de visiter et nous ne sommes pas déçus du coup d’oeil ! Nous faisons également un tour au musée d’Histoire de la ville pour connaitre un peu l’Histoire du pays. Bon, c’est en espagnol alors on ne comprend pas tout mais on pige l’idée. Parce que oui, ici on ne parle pas l’anglais et on ne traduit rien, alors ça vous force à pratiquer cette belle langue oubliée depuis le lycée (hum hum).

Nous découvrons avec surprise que la vie au Chili n’est pas donnée. Nous nous attendions à des prix équivalant à ceux que nous avions en Asie, mais nous sommes plutôt dans un niveau européen. En discutant avec les gens, nous avons compris pourquoi. Le Chili dénote un peu par rapport à ses voisins car il commerce énormément avec la Chine, les USA et l’Europe (premier producteur mondial de cuivre), et donc essaye de ressembler à ses partenaires commerciaux (européens surtout). On retrouve donc un niveau de vie plus élevé (mais avec un salaire moyen assez bas) et une certaine arrogance par rapport au reste de l’Amérique latine. Certains Chiliens en viennent même à refuser leurs histoires ancéstrales, ou sont gênés de ces dernières. Ils préfèrent s’associer à un passé européen (avec l’arrivée des Allemands et des Italiens en masse après la 2nde GM) en prétendant avoir été blonds étant petits et donc européens (la plupart du temps c’est faux mais c’est profondément inscrit dans l’inconscient collectif). La richesse était donc associée à cette blondeur (des Allemands) et cela se perpétue encore aujourd’hui (en plus d’un reliquat de colonialisme passé).

Nous glanons toutes ces informations chez nos hôtes couchsurfing, Enzo & Anibale, qui nous ont hébergé trois nuits. Encore une fois, cette expérience fût excellente, tant d’un point de vue rencontre que confort. Ces deux jeunes actifs habitent dans le quartier assez huppé de Providencia et nous ont mis à disposition chambre et salle de bain privative, le luxe. Nous passons trois jours au top chez eux et profitons tranquillement du quartier tout en vadrouillant la journée pour continuer à approfondir la découverte de la ville. Pour ce faire, nous empruntons uniquement les transports en commun, (le taxi c’est surfait), grâce à notre magnifique carte Bip!. Nous pouvons prendre tous les bus et métro juste en bipant, c’est d’un confort à toute épreuve. En effet les transports en commun n’ont pas d’espèce à bord et il faut donc se munir d’une carte Bip, en arrivant. Cette dernière coûte 1550 pesos (~2 euros) et la recharge minimum est de 500 ou 1000 pesos ( chaque trajet coûtant 660).

Avec la carte, nous empruntons donc le métro pour nous rendre au pied du Cerro San Cristobal, petite colline qui domine la ville de Santiago. Nous choisissons de grimper à pied ce petit mont et après 45 minutes de grimpette à travers parcs et petits bois, nous arrivons devant la gigantesque statue de la vierge qui domine la capitale du Chili. Si Rio a son Christ, Santiago a sa Vierge. Nous profitons de la vue avec un ciel bleu dégagé mais elle est malheureusement quelque peu altérée par le nuage de pollution constant flottant au dessus de la ville. En effet, Santiago est située dans une vallée et donc les montagnes environnantes empêchent l’évacuation de la pollution. En même temps en polluant moins ça irait mieux, mais pas si simple pour la ville qui regroupe la moitié de la population du pays. Après avoir fait les touristes et avoir pris quelques clichés, il faut songer à redescendre. Nous empruntons, pour ce faire, le téléphérique. Cela nous donne l’impression d’être au ski.

L’autre grand moment de notre passage à Santiago fût le découverte du Municipal de Santiago, le théâtre de la ville. Ce vieux bâtiment au style français (ou italien suivant les points de vue) est un vestige du vieux Santiago et il propose pièces de théâtre, ballets et opéra toute l’année. Coup de chance, il y a un opéra le vendredi et nous prenons donc des billets à l’aveugle. Le cassier, très gentil, prend le temps de nous expliquer les places et prix (car certaines places ne sont vraiment pas chères car on n’y voit pas la scene, logique…), nous fait deux bons rabais de -50% (-de 25 ans) et -25% (- de 28 ans, enfin un pays où je suis toujours considéré comme jeune !). Nous sommes donc placés au quatrième balcon sur le côté de la scène (côté cour pour ceux que ça intéresse) mais c’est juste parfait car on peut tout voir (ou presque). Nous passons donc 2h à essayer de comprendre le pièce El Christo De Elqui qui est chanté en espagnol mais avec les sous-titres (en espagnol). Bon ce n’était pas une grande pièce, mais on a passé un chouette moment dans un magnifique théâtre et nous avons presque tout compris à cet opéra moderne.

Au retour de l’opéra, nous faisons un détour pour acheter du vin (chilien forcément), car ce soir Enzo et Anibale nous ont préparé des pizzas maisons et des amis bréziliens se joignent à nous pour le repas. Fort heureusement, tout le monde était anglophone et donc nous avons pu bien discuter. Cette dernière soirée à Santiago nous aura charmés et ce passage un peu redouté par l’Amérique latine, s’est vu adouci par ces bons moments passés en couchsurfing. Notre prochaine étape nous amènera dans la seconde ville du Chili : Valparaíso. Chao a todo!

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