Un petit tour dans la vallée du paradis

Valparaíso, de son petit nom, est la deuxième ville du Chili et compte environ 1 million d’habitants (300 000 intra-muros). C’est une ville portuaire accueillant navires marchands et militaires et offrant à la population une belle vue sur mer. La ville est sur les hauteurs, car constituée de 42 (ou 43, dépend des avis) collines. Autant dire que ça grimpe bien ! Nous avons décidé de passer quelques jours dans cette ville, dont nous avions entendu beaucoup de bien, avant de prendre notre avion pour Lima (au Pérou).

Valparaíso se trouve à 2h de route à l’ouest de Santiago, ce n’est donc pas très loin quand on connaît la superficie du pays. Nous arrivons en fin d’après midi, et partons en quête d’un bus (collectivo) qui nous ferait monter la Cerro Alegre, où se trouve notre maison d’hôtes pour les cinq prochains jours. Pas de bol, on s’est trompé de bus (le 214 au lieu du 612, on n’était pas loin…) et après un petit tour de manège, le chauffeur nous demande où nous allons, nous dit de descendre, nous baragouine quelques explications en espagnol (que l’on n’a bien sûr pas compris) puis s’en va. On sort Maps.Me (notre fidèle compagnon) : 30 minutes de marche, pour grimper tout là haut… Avec 15 kilos chacun sur le dos, la montée se fait sévèrement sentir et nous sommes contents quand nous arrivons. La maison d’hôtes où nous nous trouvons est tenue par un couple franco-chilien actuellement en vacances en France et nous sommes donc accueillis par Gonzalo, un Chilien très sympathique venu en remplacement. Il nous présente la maison (cuisine, salon, salle de bain) en espagnol mais comprend vite que l’anglais pour nous c’est un peu plus pratique. Malgré tout, nous sommes fiers d’avoir compris toutes ses explications et il n’a pas eu besoin de les répéter en anglais. La Maison, le nom de cette homestay, est cosy, calme et très agréable. Nous avons une jolie chambre lumineuse, un accès à la cuisine ; en somme nous avons réellement le sentiment d’être à la maison. De plus, nous sommes tout seuls avec Gonzalo durant cette semaine et cela ne fait qu’accroître ce sentiment.

Comme dit précédemment, La Maison se situe sur la colline (cerro) Alegre. Avec sa voisine, la Cerro Concepción, ce sont les deux collines les plus touristiques (mais bon en cette saison, autant dire qu’il n’y a pas foule). Ce qui fait la spécificité et la réputation de Valparaíso, ce sont ses peintures sur les murs des maisons, des bâtiments ; en fait sur toutes les surfaces susceptibles d’être peintes. C’est une ville très étudiante, assez pauvre, et parfois perçue comme une ville hippie/bohème. Elle a d’ailleurs été classée à l’UNESCO en 2003. Toutes les maisons sont colorées, c’est un plaisir pour les yeux. Celui des cinq sens qui souffre probablement le plus dans cette ville est l’odorat. En effet, la ville regorge de chiens errants, et les habitants y tiennent, les nourrissent, les caressent, etc. Ces chiens sont très (parfois trop) affectueux et ne feraient pas de mal à une mouche. Leur grand plaisir est de courir après les voitures ou les motos en visant les pneus. Tout cela est très bien, mais qui dit chien dit crottes de chien. Les rues en sont minées et c’est un vrai jeu d’esquive quand on marche. Il faut constamment être à l’affût si l’on ne veut pas ruiner sa semelle. De plus, l’odeur rôde un peu partout et se mêle à celle de l’urine (on ne peut pas accuser les chiens tout le temps), d’alcool renversé et autres déchets oubliés. La ville n’est pas dans un état pitoyable mais l’hygiène de certaines de ses rues laisse tout de même parfois à désirer. Une fois que l’on fait fi de tout cela, on peut apprécier Valparaíso à sa juste valeur et partir en quête de son dessin, sa peinture préférée.

Pendant notre semaine, nous n’avons pas eu beaucoup de chance avec le temps car il a fait gris et brouillard tous les jours. Du coup, du haut de notre colline, nous n’avons pas vraiment pu apprécier la jolie vue des différents points recommandés par notre hôte.

Nous nous sommes contentés de promenades de quelques heures à monter et descendre les deux cerros Alegre y Concepción, en déambulant dans les rues toutes plus colorées les unes que les autres, en quête d’une empanada à déguster pour le déjeuner. Descendre les rues était assez simple, par contre les remonter, c’était autre chose. Nous avons donc opté pour la solution de l’ascenseur. Il y en a une petite dizaine dans la ville (dont de nombreux en maintenance…) dispensant les habitants d’une grimpette (ou descendette) quotidienne. Notre ascenseur (el funicular), La Reina Victoria, a été construit en 1902 et n’est donc pas de dernière jeunesse. L’expérience est à vivre au moins une fois (nous on l’a vécue tous les jours). Avec la pauvre cabine en bois suspendue à un câble un peu rouillé, on se demande comment ça fait pour tenir. La montée (ou la descente) coûte 100 pesos (soit 0,13 euros, une fortune !). Voilà qui résume à peu près nos journées grisâtres dans cette ville aux mille couleurs. Il y a véritablement de belles découvertes à faire et c’est facile de se perdre dans ces rues labyrinthiques, telle Boucle d’Or partant à la cueillette des fleurs.

Durant notre séjour, nous voulions faire une visite guidée de la ville avec l’agence Tour4Tips, et repoussions continuellement au jour d’après car la météo ne valait pas le coup, jusqu’au dernier jour avant notre départ où enfin, le soleil commençait à pointer le bout de son nez. Nous sommes donc allés au point de rendez-vous de l’agence : Plaza Sotomayor (ou Plaza De Armas), donnant sur le bâtiment de l’Armada de Chile. Nos guides sont habillés comme des Charlie, des livres Où est Charlie?(Wally en anglais) mais sont faciles à trouver. Le principe de ces tours est dit dans le titre : ils proposent des tours en anglais ou espagnol, et on donne ce que l’on veut à la fin. Notre guide parle un anglais parfait (en même temps il a fait des études d’anglais et travaillait dans l’interprétariat et la traduction avant de devenir guide touristique) et est très sympa. Nous sommes une vingtaine dans son groupe. Nous débutons la visite par un tour au port où Camilo (le guide) nous retrace l’histoire de la ville depuis sa « découverte » par les Espagnols au 16ème siècle, bien qu’elle existât déjà avant. Ensuite nous écoutons l’histoire de la Plaza Sotomayor et l’architecture des bâtiments avant de prendre le trolebus (construit en Californie en 1945 et précieusement conservé par la ville et ses habitants) puis l’ascenseur Reina Victoria (tiens, j’ai comme un air de déjà vu !) afin de faire un tour aux cerros Alegre et Concepción (autant dire la maison pour nous). Le guide nous présente quelques bâtiments emblématiques comme la première église protestante du pays (car il y a un peu plus d’un siècle, le Chili était exclusivement catholique), l’architecture typique des maisons de Valparaíso : recouvertes de tôle et peintes de couleurs différentes, et enfin nous raconte l’histoire de certaines des peintures que nous voyons. C’est assez ironique de savoir que peindre dans la rue est interdit par la loi. D’ailleurs, nous sommes tombés une fois sur des marches d’escaliers sur lesquelles étaient peintes des touches de pianos. Un chanteur avait peint ces marches pour faire la couverture de son nouvel album. Après cela, il revenait tous les ans repeindre ses marches jusqu’au jour où il s’est fait prendre par la police qui l’a embarqué au poste. Autre cocasserie : la plus grande peinture de la ville a été commandée par la ville et donc peinte sur un bâtiment officiel.

Sur la fin de la visite, Camilo nous a emmenés à la rencontre de Don Sergio, un homme retraité qui fait des petits gâteaux, des alfajores, une spécialité du pays. Il s’agit de deux biscuits entre lesquels on met une couche généreuse de manjar (ou dulce de leche pour les Argentins) le tout recouvert de chocolat (ça y’est je vous ai mis l’eau à la bouche ?). Ce brave monsieur vend ses gâteaux de chez lui. Nous sonnons et lorsqu’il ouvre nous acclamons « Hola Don Sergio ! » puis nous recevons chacun un alfajores gratuit. À hauteur de 250 pesos (0,34 euros !) par biscuit, nous craquons pour un alfajores supplémentaire chacun. La visite guidée aura duré 2h45 et est vraiment intéressante à faire en arrivant dans la ville. Cela permet d’avoir une vue d’ensemble et indique les endroits sympas à visiter. Dommage nous on l’a faite le dernier jour !

 

Cette petite semaine se résume en manger, marcher, manger, dormir. Bien que le Chili ne soit pas LE pays à faire pour un voyage culinaire, nous étions curieux de découvrir de nouvelles saveurs et étions presque à organiser nos journées autour de cela. Eh oui, on aime manger (« Le gras, c’est la vie. »). Nous avons apprécié ce rythme de croisière nous permettant de nous reposer avant de s’aventurer au Pérou où cela risque de secouer un peu plus. Prochaine étape Lima, Cuzco, Aguas Calientes et, et, … le Machu Picchu (on aime bien les grimpettes apparemment ). Chao los amigos !

2 réflexions au sujet de « Un petit tour dans la vallée du paradis »

  1. Ola los viajeos. Que tal ? Valparaiso me parece muy sucio en tus fotos, pero hay pinturas callejeras muy bonitas.

    Espero con impaciencia vuestro boletin en Cusco

    Besos

    Dad

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