Lima la grise

Bon pour cette ville on n’a pas grand chose à vous raconter. Je pense que 48h suffisent à Lima. Certains trouveront la ville géniale et tout, mais franchement je ne vois pas comment. Oui je sais, je ne vous donne pas envie de voyager au Pérou mais il y a tout de même quelques petites choses à faire dans cette mégalopole de 10 millions d’habitants. Avant tout cela, laissez moi vous narrer notre couchsurfing, sûrement la chose la plus extrême de notre passage à Lima.

Nous avions pris contact avec un nouveau couchsurfer qui avait ouvert son compte en juin, dans l’optique de se faire des contacts et de voyager à travers le monde. Okay, pourquoi pas, ça n’est pas trop dans l’esprit de la communauté mais passons. De plus, c’était le seul de disponible et le seul nous ayant donné une réponse. On a découvert pourquoi ensuite : les péruviens sont dans un mode donnant donnant et n’aiment pas trop les étrangers à leur famille (ils restent néanmoins courtois et sympathiques !). Notre hôte nous annonce qu’il vient nous chercher à l’aéroport, ce qui je dois vous avouer nous arrange bien car on veut éviter les taxis arnaques. Il arrive avec 45 minutes de retard, ce qui reste à l’heure chez les habitants de ce pays, et il nous parait fort sympathique et très enjoué, top. Il nous dit qu’il va chercher un taxi pour nous amener chez lui, vers le centre-ville, ah zut nous n’avons pas esquivé le taxi arnaque 🙂 On roule pendant 30 minutes avant d’arriver dans son quartier, très populaire, du centre de Lima (nous sommes à 40 minutes à pieds du centre-ville historique). Bon déjà, la première impression n’est pas génial, car nous nous retrouvons au milieu de travaux ce qui donne au quartier un air de guerre. Les habitants nous dévisagent quelque peu, car il n’est pas commun que des touristes s’aventurent par ici. Heureusement notre hôte nous rassure : « personne ne s’est fait tuer encore ici ». Ouf nous respirons ! Mis à par ça, il vit dans un immeuble dont il occupe la chambre du bas, le premier étage est pour ses parents et le deuxième pour la famille de son frère (plus une pièce pour notre chambre). Bonne nouvelle, la chambre est privative et on peut laisser nos affaires. Mauvaises nouvelles : pas d’électricité, de toilette convenable et de douche à disposition. Bon d’accord, on va faire avec, après tout il nous héberge gentiment, ses parents sont sympas, son frère un peu moins mais ça va.

En début d’après-midi, notre hôte nous accompagne au centre-ville pour manger un bout. On prend le bus qu’aucun étranger ne peut prendre tellement cela est spécifique à la ville : ces bus sont proches de la fin de vie et des crieurs hurlent les destinations à qui veut entendre. Nous arrivons par le palais présidentiel qui domine la place d’armes avec la cathédrale. Bon Lima ça va, on ne se sent pas en insécurité pour le moment, et la police veille attentivement sur la place centrale de la ville. On part manger dans un Chifa, un heureux mélange de la cuisine chinoise adaptée à la cuisine péruvienne (très bonne au passage). Après ça, on continue notre promenade et on rentre à pied pour se reposer car on a une nuit blanche dans les pattes.

On dort tant bien que mal dans notre lit une personne avec pour matelas une planche améliorée de cartons (et une petite épaisseur pour cacher les cartons), et on se réveille prêts à visiter plus en profondeur le centre-ville. On se rend à pieds jusqu’aux lieux touristiques et on veut commencer par cette énorme cathédrale de la place d’armes. Malheureusement, il ne subsiste qu’une petite église, magnifique au passage, car la cathédrale a été transformée en musée d’art religieux. On flâne dans les rues, on s’arrête au muséo cacao, boutique de chocolat proposant des cours et des dégustations. On se dirige ensuite vers le monastère de Saint François transformé en musée après le tremblement de terre de 1974 et de ses catacombes. La visite s’effectue en anglais, un peu rapidement malheureusement pour lire les indications, et on découvre de belles peintures murales, du mobilier exceptionnel et de belles sculptures. Le clou de la visite est la descente dans les anciennes catacombes du monastère. Il ne faut pas comparer celles-ci à celles de Paris bien sur, mais on apprend comment étaient traités les morts de la ville. Tout d’abord, ils étaient exposés tombeau ouvert pour leur rendre hommage, avant de rejoindre la fosse commune, profonde de 15 mètres. Ces catacombes ont servi pendant près de 300 ans pour cette partie de la ville et seules quelques tombes des plus riches citoyens sont privatives et encore visibles. Ce magnifique monastère restera notre plaisir des yeux que nous ne pourrons pas partager avec vous car (comme dans les églises) les photos sont interdites.

Le soir nous rentrons par nous même, à pieds, jusqu’à chez notre hôte en faisant un petit détour pour se prendre du pop-corn dans la rue (très commun ici). Nous nous reposons devant un petit Netflix en mangeant nos pop-corns en attendant le retour de notre hôte qui revient avec quelques bières. Malheureusement, à l’heure fatidique de son retour, je pense qu’il avait entièrement bu ces quelques bières tellement il était saoul. Bon, ce n’est pas une personne bourrée qui va faire peur à deux Bretons adeptes des Vieilles Charrues, on a l’habitude de gérer ça. On descend dans sa chambre où il met de la musique moisie à fond et il va chercher deux bières à la superette du coin. Il est maladroit et fait des remarques un peu bizarre mais on laisse glisser. On a vu qu’il était fan d’électro et on essaye de lui faire découvrir du français, mais il part en boudant. Il revient avec ses remarques sur les femmes françaises, bla bla vous voyez le genre. Bref, malaise en vue. On s’éclipse poliment en disant que nous sommes fatigués et que nous ne sommes pas trop dans l’ambiance pour aller en boîte, même si j’adore ça… Il s’en va en faisant la tête de plus belle…

Après une nuit toujours aussi confortable, nous décidons de quitter deux jours plus tôt notre hôte car son comportement d’hier soir ne nous a pas vraiment plu, que son quartier n’est pas des plus sympas et que nous n’avions plus rien à faire au centre-ville. Il est temps de partir pour le quartier riche, celui des touristes : Miraflores ! On ne pensait pas dire ça un jour mais quelle bouffée d’oxygène en arrivant là bas, on perd le côté authentique et populaire qui nous a servi de décor pendant deux jours, mais on gagne des parcs, des restaurants, des hôtels et de la propreté. Nous cherchons une auberge de jeunesse pour poser nos sacs avant d’aller à la rencontre d’Ingrid et Fabio, un charmant couple franco-péruvien contacté sur Couchsurfing. Ils nous invitent à manger dans un restaurant connu pour ses Ceviches, plat typique péruvien à base de poisson cru mariné dans du citron. On passe tout l’après-midi avec Ingrid (Fabio étant parti travailler) qui nous amène faire le tour du quartier, le long de l’océan jusque dans les quartiers bariolés de Barranco. On y prend le goûter, l’occasion de decouvrir une autre specialité : un beignet dans une sauce caramélisée au goût de pain d’épice, les picarones. En plein mois de juin, on a des saveurs de Noël.

Le lendemain, on se dirige vers la frontière entre le quartier de Miraflores et Surquillo pour faire le marché numéro 1 de Surquillo. On y prend quelques fruits pour plus tard et on s’attable dans un petit restaurant type street food, pour notre grand plaisir. Les plats y sont variés et les prix défient toute concurrence. On commande un peu à l’aveugle car il est difficile de déchiffrer la carte en entier et on nous apporte de quoi se caler l’estomac, plus une boisson tiède appelée Maracuya, servie dans une petite jar en plastique avec une paille. Ma foi, ce n’était pas mauvais et nous partons de là contents d’avoir découvert cet endroit bondé de travailleurs pressés. Durant l’après-midi, nous repartons sur le bord de mer, pour une grande balade digestive.

Après quatre jours passés à Lima, nous la quittons avec bonheur. Il n’y a pas grand chose à faire là bas et je pense que le pays est totalement différent de sa capitale. Nous prenons notre avion pour Cusco que nous attendons avec grande impatience. La région là bas nous offrira d’autres saveurs et couleurs.

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