Au pays de la Poutine

La fin du voyage approche à grands pas ; à peine le temps de dire ouf et nous serons de retour dans notre breizh bien aimée. Mais nous avons encore un peu de temps pour nous arrêter manger une poutine, ou deux…

Eh oui, notre dernier stop avant le retour imminent se passe au Canada, et à Montréal pour être plus précis. Laissez moi vous comptez notre arrivée au Québec. La farandole d’avion commence !

Nous sommes partis de Lima, après avoir pris un vol Cusco-Lima (avion n°1) et passé une nuit dans un B&B près de l’aéroport. Nous avons ensuite pris un vol Lima-San José (avion n°2). San José ? Au Costa Rica ? Nous avons passé une nuit à San José, histoire d’avoir le tampon sur le passeport, puis nous avons eu un vol San José-Miami (avion n°3). Aah la joie de passer par les Etats Unis… Nous avions deux heures de correspondance, on s’est dit que ça devait aller. Mais ça c’était avant de découvrir les joies du passage par les USA. On nous fait passer par l’immigration, avec les gens qui viennent en vacances aux Etats Unis, mais aussi ceux qui ont un visa permanent et même les Etatsuniens (oui j’aime pas trop dire les Américains). Avant toute chose, nous marchons longtemps à travers l’aéroport qui est immense, et nous arrivons à une allée de bornes individuelles où il faut scanner le passeport et remplir le formulaire que l’on complète normalement dans l’avion (on voyage sans arme, sans drogue, et nous ne sommes pas allés à la ferme dernièrement). On a le droit à une jolie photo (prise de moitié pour moi, l’appareil n’aime pas les petits) puis un papier, récapitulant le tout, s’imprime. On trouve ça plutôt rapide, on se dit que c’est bien fait et que ça permet de gagner du temps à la douane. Mais en fait, on se retrouve quand même à faire la queue comme je le disais précédemment, avec tous les copains. On attend bien 45 minutes dans la queue avant d’arriver au douanier qui nous fait un petit tampon sur nos passeports et nous demande pourquoi on vient aux Etats Unis (on n’a pas eu le choix en fait).

Il faut savoir que même pour une malheureuse correspondance, il faut avoir demandé son ESTA sur internet avant. Dans notre cas, Léo l’avait fait avant de partir en janvier et moi, comme j’ai un passeport canadien, il y a des accords entre les USA et le canada et donc pas besoin d’ESTA. Ce visa coûte 18 dollars quand même, juste pour changer d’avion c’est une peu raide.

Après l’épisode douane, on nous fait sortir de la zone de correspondance, pour passer au niveau des tapis de baggages et on repasse la sécurité avec tout le monde. C’est pas grave, on avait du temps à revendre ! Enfin, nous retraversons une bonne partie de l’aéroport pour arriver à notre porte d’embarquement à l’autre bout. Embarquement dans 15 minutes, c’est bon on est dans les temps.

Nous sommes dans notre avion n°4, Miami-Montréal. Le vol dure quatre heures et nous arrivons à 23h30. Nous passons la douane sans trop de problèmes (il n’y a plus grand monde à cette heure là). D’ailleurs, nous sommes arrivés le 1er juillet, jour de la fête du Canada.

On sait qu’on arrive au Canada quand on voit les tapis de baggages, en train de tourner avec encore quelques baggages oubliés et d’autres posés à côté. Cela n’inquiète pas ici, alors qu’en France, l’aéroport serait déjà mis en quarantaine ! Comme nous arrivons tard, les transports en commun ne sont plus disponibles (sauf le Bus 747 qui va au centre ville, à 10 dollars le trajet) du coup nous prenons un Uber qui nous dépose directement devant la maison de Clotilde et Louis-Vincent (et Elie, leur pitchoune de deux ans), qui nous prêtent grâcieusement leur maison pendant ces dix jours. C’est chouette d’avoir de la famille aux quatre coins du monde ! Il fait 30°C dans la maison (c’est la canicule en ce moment) mais nous sommes contents d’arriver et de nous affaler sur le lit.

Le lendemain, réveil en douceur et découverte des environs pour déjeuner. Clotilde et Louis-Vincent habitent dans un quartier de Montréal qu’on appelle Le Petit Maghreb. On comprend vite le nom lorsqu’on voit les devantures des magasins et des cafés alentours. C’est un quartier un peu excentré mais agréable à vivre et tout de même accessible du centre ville par la ligne bleue de métro. Montréal a quatre lignes de métro en tout : la bleue, la verte, la orange (la principale) et la jaune qui permet de rejoindre l’île saint Hélène, de l’autre côté du fleuve Saint Laurent. C’est très facile de se repérer et de se déplacer dans cette ville. Une fois armée de nos carte OPUS, la carte de métro et de bus de la ville, les métros n’ont plus de secret pour nous.

La carte OPUS est très utile si vous restez au moins trois jours à Montréal. On peu la recharger avec des trajets (un, deux, jusque dix) ou bien opter pour les forfaits une journée, trois jours, weekends illimités ou une semaine. Dans notre cas, nous avons dû prendre un forfait weekend, commençant le vendredi à 16h, et un forfait hebdomadaire, allant du lundi au dimanche. Arrivant un jeudi, nous commencions la semaine avec un weekend et ce n’était donc pas compatible avec un forfait hebdomadaire uniquement.

Durant ces dix petits jours, nous avions envie d’explorer un maximum les différents endroits de Montréal, pour voir les multiples facettes de cette ville et estimer si cela nous plairait d’y vivre. Nous avons fait un peu de repérage quoi. Chaque jour nous arpentions les lignes de métro pour découvrir de nouveaux lieux.

Montréal est une ville vraiment surprenante car elle change de visage en fonction du lieu où l’on est. On peut passer d’un quartier résidentiel, avec maisons et petits jardins au quartier de la CBD armé de ses grands grattes ciel puis partir se réfugier dans un parc ou même un bout de forêt, au sommet du Mont Royal. Mont Royal, c’est la montagne de la ville, d’où elle tient son nom d’ailleurs. Au départ, la ville s’appelait Mont Royal, puis avec le temps, ça s’est transformé en Montréal.

Toute l’année, Montréal est connue pour organiser des festivals dont certains sont de renommée mondiale comme Le Festival International de Jazz (dont Ray Charles a fait l’ouverture de la première édition en 1980) ou encore le Festival Juste Pour Rire. Manque de bol, nous sommes arrivés juste à la fin du festival de jazz et repartons juste avant le début du festival Juste Pour Rire. Cependant nous sommes en plein festival Montréal Complètement Cirque qui accueille de nombreux spectacles payants mais aussi de nombreux artistes qui se produisent sur les grandes places du Quartier des Spectacles et dans la rue Saint Denis, une des rues les plus actives de la ville. Aux Jardins Gamelin nous avons ainsi pu assister à un superbe spectacle de cirque mêlant cirque et danse contemporaine, le tout sur des morceaux de musiques classiques superbes. Le spectacle a duré quarante minutes et m’a transportée. Merci la Compagnie Phoenix !

Vous l’aurez compris, Montréal est une ville artistique et culturelle et abrite d’ailleurs le MAC (Musée d’Art Contemporain) mondialement connu. La ville investi beaucoup dans la culture et a même créé depuis 15 ans (2003) le Quartier des Spectacles, qui est actif toute l’année, soit avec des festivals, soit des expositions ou des manifestations artistiques. C’est un quartier très agréable à vivre, et il change de visage la nuit puisque certaines façades de bâtiments sont illuminées et animées. Nous avons eu la chance de découvrir ce quartier et tout ce qu’il offre, grâce à un tour à pieds, gratuit, de deux heures. Nous avons pu voir les différents théâtres (au nombre de cinq) mais aussi la Maison Symphonique qui accueille l’orchestre symphonique de Montréal. Ce bâtiment est une prouesse de construction offrant au lieu une accoustique parfaite.

Parmi les autres quartiers que nous avons visité (tout seul cette fois), il y a le quartier de Jean Talon et son marché de fruits et légumes très réputé, Le Plateau, où se regroupent tous les Français expatriés au Canada. C’est un quartier assez bobo et artistique où les maisons sont très jolies. Le quartier nous a beaucoup plu, mais si nous venons vivre à Montréal, nous aimerions éviter de se retrouver entourés de Français (c’est que ça ne se mélange pas beaucoup). Juste à côté du Plateau, se trouve Mile End, qui pour le coup est un quartier anglophone. En effet, Montréal doit être une des seules villes du Québec à avoir les deux langues. Les habitants ont d’ailleurs tracé une frontière imaginaire séparant la partie Ouest de la partie Est de la ville par le biais de la rue Saint Laurent. Un côté de la ville serait plus anglophone, l’autre plus francphone. Dans les faits, on a le plaisir d’entendre les deux langues un peu partout. Le quartier de Mile End est aussi un quartier très joli, aussi résidentiel que le Plateau. Les maisons sont en pierre et allient cela au fer forgé des escaliers et au bois des balcons. On ne saurait dire pourquoi mais Leo et moi on est fan. On avait l’air de faire du lèche vitrine dans les quartiers d’habitations.

La ville est également dotée de nombreuses églises, de basiliques et d’une cathédrale (La Cathédrale Marie Reine du Monde) et aussi d’un Oratoire perché sur une montagne, l’Oratoire Saint Joseph. Ces lieux sont très visités et l’architecture est très riche. Les églises que nous avons vues sont très belles, plus colorées et décorées que les églises françaises mais moins chargées que les églises italiennes.

Après les repérages dans la ville, nous sommes partis explorer un peu ses parcs, pour voir si le côté nature est présent ici. Nous n’avons pas été déçus de ce que nous avons découvert. Nous sommes montés au sommet du Mont Royal, qui est une véritable forêt dans la ville et d’où on a une vue imprenable sur tout Montréal. On peut s’y promener plusieurs heures sans entendre le bruit d’une voiture, c’est vraiment très sympa. Nous avons eu le même plaisir en allant du côté de l’île Saint Hélène, qui accueille un parc d’attraction, La Ronde, mais aussi un beau parc où l’on peut se promener à pieds ou à vélo, ou encore pique-niquer. Nous y avons passé un après midi fort agréable avant de rejoindre le centre ville pour y tester une poutine.

Mais qu’est-ce donc que cette fameuse poutine ? Il s’agit tout simplement d’une assiette de frites, parsemée de fromage en grain (un genre de cheddar mais on n’en sait pas plus) et le tout assaisonné d’une sauce brune très connue au Canada et au Québec. La sauce brune, on ne sait pas vraiment ce qu’il y a dedans et on préfère garder le mystère. Vous l’aurez constaté, c’est un plat fort diététique ! Cela reste un plat très réconfortant durant les longs et froids hivers. Nous avons testé deux endroits proposant des poutines :

– Le Saint Bock, dans la rue Saint Denis. Cette micro brasserie proposant une trentaine de bières pression locales, a également un choix de burgers et de poutines à la bière. Bon elle était bonne mais nous avons été un peu déçus par rapport à la quantité. Il fallait donc en tester une autre.

– La Banquise : une restauration 24h/24h qui propose une trentaine de poutines différentes (une poutine classique agrémentée de viandes, légumes ou sauces différentes en fonction du plat), du délire ! Les quantités sont énormes. Léo a voulu faire le malin en prenant la grande, ça lui a fait deux repas.

Enfin, nous avions un troisième établissement en ligne de mire, réputées pour ses poutines mais aussi et surtout pour ses burgers : La Belle et La Boeuf. Nous avons craqué pour le burger et devrons revenir tester la poutine un autre jour. En tout cas c’était bien bon.

Durant ce séjour, nous avons eu le plaisir de découvrir et déguster de nombreuses bières de micro brasseries car il faut l’admettre, peu de pays savent faire des bonnes bières.

Voilà un peu un résumé de notre séjour à Montréal. Ce fut rapide mais nous avons pris notre temps pour découvrir cette ville fort agréable. Le but premier de ce passage était de voir si la ville pouvait nous plaire et si nous pouvions envisager de s’y installer. A ces deux questions nous pouvons aisément répondre oui. Montréal offre les avantage d’une grande ville, sans être étouffante et permet de s’évader dans des coins nature très facilement. D’un point de vue culturel, il y a tellement à voir et à faire que nous sommes sûre de ne pas nous ennuyer.

Montréal on te dit Kenavo et à bientôt car nous reviendrons. En attendant, il est temps pour nous de retrouver notre port d’attache. Allez cap à l’ouest ! On rentre au bercail !

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